Les risques sur l’offre de pétrole s’intensifient
Les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak ont décidé de réduire la production de pétrole en raison de menaces sur le transport maritime à travers le détroit d’Ormuz (passage maritime étroit et stratégique par lequel transite une grande partie du pétrole). Comme les pétroliers (navires transportant du pétrole) évitent la zone, les stocks (quantités disponibles en réserve) se tendent et les producteurs réduisent la production. Le WTI (pétrole brut américain de référence, « West Texas Intermediate ») est monté au-dessus de 110 $, son plus haut niveau depuis juin 2022, et le Brent (pétrole brut de référence en Europe et sur les marchés mondiaux) a dépassé 114 $. Le Brent s’est ensuite échangé près de 105 $, en hausse d’environ 15% sur la journée, tandis que le WTI était proche de 100 $, en hausse de 13%, après des informations selon lesquelles l’AIE (Agence internationale de l’énergie) pourrait coordonner une libération d’urgence des réserves (mise sur le marché de pétrole stocké) entre les membres du G7 (groupe des sept grandes économies avancées). L’Iran a désigné Mojtaba Khamenei comme prochain guide suprême (plus haute autorité politique et religieuse en Iran). Israël a signalé une nouvelle vague d’attaques dans le centre de l’Iran et des frappes sur des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth. D’autres informations ont évoqué des interceptions de drones (appareils sans pilote) près de l’aéroport de Bagdad et dans la région saoudienne d’Al Jawf, ainsi que de la fumée près de la raffinerie Bapco à Bahreïn. L’indice du dollar (USD Index, aussi appelé DXY : mesure de la force du dollar face à un panier de grandes monnaies) a progressé de 0,5% à 99,30 après avoir gagné plus de 1% la semaine dernière, et les contrats à terme sur actions américaines (prix aujourd’hui d’indices boursiers à livrer plus tard) ont chuté de 1,7% à 1,5%. L’or s’est échangé près de 5 100 $, en baisse d’environ 1% ; l’EUR/USD (taux de change euro/dollar) a reculé vers 1,1500 puis autour de 1,1550 alors que la production industrielle allemande de janvier a baissé de 0,5% sur un mois (comparaison avec le mois précédent). L’inflation CPI en Chine (indice des prix à la consommation, mesure du coût de la vie) a augmenté à 1,3% en février contre 0,2%. L’USD/JPY (dollar/yen) s’est rapproché de 159,00 puis 158,50, et le GBP/USD (livre/dollar) a reculé de plus de 0,5% sous 1,3350.Conséquences de marché pour les traders
En repensant au pic du WTI au-dessus de 110 $ observé à la même période l’an dernier, le marché était en panique. Aujourd’hui, avec un WTI stable près de 78 $ le baril, on voit qu’une prime de risque géopolitique (surcoût intégré aux prix à cause de l’incertitude) est durablement intégrée. Des données récentes de l’EIA (Energy Information Administration, agence américaine de l’énergie) montrent que les stocks mondiaux restent sous leur moyenne sur 5 ans. Cela suggère que les traders d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix fixé) devraient privilégier des stratégies visant la stabilité, par exemple vendre des covered calls (vendre une option d’achat tout en détenant déjà l’actif, pour encaisser une prime). La peur extrême du début 2025 a laissé place à une zone de prix plus prévisible, même si elle reste élevée. Nous nous souvenons de la hausse de l’indice du dollar à 99,30 au début de la crise, mais l’effet durable a été le choc d’inflation (hausse rapide des prix). Les fortes hausses de taux de la Réserve fédérale en 2025 ont porté le taux des Fed Funds (taux directeur américain au jour le jour) à 5,50% et poussé le DXY au-dessus de 104. Le dernier rapport CPI des États-Unis (indice des prix à la consommation) montrant une inflation à 3,1%, les marchés de produits dérivés (instruments financiers dont le prix dépend d’un actif : options, futures) n’anticipent plus de nouvelles hausses, mais se concentrent sur la date de la première baisse de taux. La crise énergétique de 2025 a frappé l’économie européenne, faisant passer l’EUR/USD sous 1,1500. Un an plus tard, la paire reste en difficulté près de 1,0800, ce qui reflète une divergence de politique monétaire (écart d’orientation entre banques centrales) entre une Fed « hawkish » (qui privilégie des taux élevés pour lutter contre l’inflation) et une Banque centrale européenne plus prudente. Cet écart persistant suggère que les traders peuvent utiliser des options pour se positionner sur une faiblesse continue de paires comme EUR/USD et GBP/USD. Le mouvement vers 159,00 sur l’USD/JPY pendant les turbulences de l’an dernier a clairement montré une fuite vers le dollar (recherche d’une monnaie jugée plus sûre) qui ne s’est jamais totalement inversée. Cette tendance s’est renforcée, la paire testant souvent le seuil de 160,00 en raison du refus de la Banque du Japon d’abandonner sa politique monétaire accommodante (taux bas et soutien au crédit). L’idée principale pour les traders de dérivés dans les prochaines semaines est de se positionner pour un changement soudain de politique ou une intervention du gouvernement (action directe sur le marché des changes), ce qui rend intéressante l’achat de volatilité (parier sur de forts mouvements) via des straddles (stratégie consistant à acheter une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice et à la même échéance). Nous nous rappelons que l’or a d’abord eu du mal à jouer son rôle de valeur refuge (actif recherché en période de stress), freiné par la forte hausse du dollar. Mais lorsque l’inflation persistante est devenue le sujet dominant fin 2025, l’or a retrouvé son attrait comme réserve de valeur (actif qui conserve mieux son pouvoir d’achat), l’amenant à de nouveaux sommets. Les traders devraient voir l’or non seulement comme une protection en cas de crise, mais aussi comme une protection contre une inflation plus durable que prévu par les banques centrales.
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