Filet de sécurité des politiques pour l’euro
Les responsables européens ont indiqué qu’ils toléraient mal un nouveau choc des prix de l’énergie, ce qui pourrait limiter de nouvelles baisses de l’EUR/USD. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la BCE (Banque centrale européenne, l’institution qui fixe la politique monétaire pour la zone euro) ne laisserait pas se reproduire le choc énergétique de 2022–23, tout en notant que la zone euro était mieux préparée à absorber des chocs (des événements soudains qui perturbent l’économie). Un membre du Conseil des gouverneurs de la BCE (le groupe qui décide notamment des taux d’intérêt), Peter Kazimir, a dit qu’une « réaction » de la BCE pourrait intervenir plus tôt que prévu par les marchés. Il a précisé qu’il ne voulait pas spéculer sur avril ou juin. Nous avons vu le dollar américain se renforcer moins que ce que nos modèles prévoyaient après les tensions récentes au Moyen-Orient. Après que le pétrole WTI (un type de pétrole de référence coté aux États-Unis) a brièvement bondi de 50%, passant d’environ 80$ à 120$ le baril (unité courante pour mesurer le pétrole), il s’est ensuite stabilisé autour de 98$. Ce recul partiel aide à expliquer pourquoi l’EUR/USD ne baisse que d’environ 1,7%, un mouvement plus faible que ce qui était craint au départ. La Banque centrale européenne signale qu’elle acceptera difficilement un nouveau choc des prix lié à l’énergie. Les commentaires récents de la présidente Lagarde et du membre du Conseil Kazimir suggèrent qu’une réponse de politique monétaire (par exemple ajuster les taux ou le ton des annonces) pourrait arriver plus vite que ce que les marchés anticipent. Cette position « hawkish » (stricte face à l’inflation, donc plus encline à maintenir des taux élevés) gagne en crédibilité, surtout après les données de la semaine dernière montrant que l’inflation HICP de la zone euro (indice harmonisé des prix à la consommation, une mesure standard de l’inflation) est remontée de façon inattendue à 2,8% en février.Conséquences pour les taux et les options
Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif comme une monnaie), cela signifie que des paris directement à la baisse sur l’euro peuvent être risqués dans les prochaines semaines. Le « plancher » implicite suggéré par la BCE (l’idée que la BCE limiterait la baisse) peut rendre attrayantes des stratégies comme vendre des options de vente EUR/USD « hors de la monnaie » (options de vente dont le prix d’exercice est plus bas que le prix actuel, donc moins susceptibles d’être exercées) ou mettre en place des put credit spreads (stratégie d’options consistant à vendre une option de vente et en acheter une autre à un prix d’exercice plus bas pour limiter le risque). Ces positions gagnent si la paire reste stable ou monte, en misant sur une baisse limitée. Ce sentiment se voit déjà dans les contrats à terme sur taux d’intérêt (contrats qui reflètent les attentes de taux futurs), un facteur important pour les paires de devises. Nous avons vu les marchés réévaluer rapidement la probabilité d’une baisse de taux de la BCE d’ici juin, la probabilité passant de plus de 80% le mois dernier à seulement 40% aujourd’hui. Un report de l’assouplissement de la BCE (baisser les taux ou rendre la politique moins restrictive) soutient l’euro face au dollar.
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