Prix du pétrole et risques d’inflation
ING note que les prix du pétrole montaient déjà, et que les nouveaux mouvements de marché ont peut-être rendu les dernières prévisions de la BCE rapidement dépassées. Elle indique que la BCE devrait travailler avec plusieurs scénarios de prix du pétrole (différentes hypothèses). ING dit que le risque d’une spirale salaires-prix (quand les salaires montent, puis les entreprises montent les prix, ce qui relance des demandes de hausses de salaires) semble faible. Elle ajoute qu’une perturbation prolongée du détroit d’Ormuz (passage maritime crucial pour le pétrole) pourrait faire monter le pétrole au-dessus de 100 $ le baril pendant plusieurs mois, avec des effets en chaîne (conséquences indirectes) sur le transport, les prix alimentaires et les chaînes d’approvisionnement (réseau de production et de livraison des biens). Dans ce cas, ING dit que la BCE pourrait envisager de relever les taux, peut-être une ou deux fois. Elle s’attend à ce que la BCE utilise sa communication (les messages publics) pour garder les anticipations « ancrées » (stables, proches de la cible), et ne pense pas que Christine Lagarde répétera l’expression « good place ». Nous avons vu le même schéma en mars 2025, quand le conflit au Moyen-Orient a entraîné un virage soudain « hawkish » (plus strict contre l’inflation, donc plus en faveur de taux plus élevés) de la BCE. Le risque d’un choc pétrolier a écarté les baisses de taux et a remis l’inflation au centre. Cette expérience sert de repère pour la situation actuelle.Conséquences pour la volatilité des taux
Une dynamique similaire apparaît, alors que des tensions en mer de Chine méridionale perturbent des routes maritimes clés, poussant le pétrole à la hausse. Le Brent (prix de référence du pétrole) a gagné plus de 12 % sur le dernier mois, et se traite à 87 $ le baril, menaçant de dépasser le niveau psychologique de 90 $ (niveau rond surveillé par le marché). Cela va plus vite que ce que les marchés prévoyaient il y a quelques semaines. Cette hausse de l’énergie arrive à un moment délicat : les données d’inflation de février en zone euro ont montré un niveau « sticky » à 2,6 % sur un an (inflation qui baisse peu et reste élevée), bien au-dessus de la cible de 2 % de la BCE. On se souvient que la crise énergétique de 2022 a mené à une spirale salaires-prix, un scénario que la BCE veut éviter. Ainsi, toute discussion de nouvelles baisses de taux devrait être mise de côté. Pour les traders de produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme les taux), cela signifie que la volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché, intégrée dans les prix) sur les contrats à terme (futures : contrats pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) de taux en euros est probablement sous-évaluée. Le marché peut encore être positionné pour des baisses de taux régulières cette année, ce qui crée une opportunité d’acheter des options (contrats donnant un droit d’acheter ou de vendre) qui gagneraient en cas de retournement soudain ou de pause. La prochaine conférence de presse de la BCE est un déclencheur majeur (événement pouvant faire bouger les prix) pour une réévaluation des prix de marché. L’attention devrait se porter sur les options de taux à court terme, par exemple celles sur les futures Euribor (contrats liés au taux Euribor). Nous pensons que les traders devraient envisager des positions qui profitent d’une hausse de la volatilité et d’un arrêt de la baisse récente des anticipations de taux à court terme. Cette stratégie sert de couverture (protection) contre le risque que la banque centrale doive utiliser un ton plus strict pour stabiliser les anticipations d’inflation, comme l’an dernier.
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