Mandat de la Banque du Japon
La Banque du Japon est la banque centrale du Japon et fixe la politique monétaire (les décisions sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie, qui influencent le crédit, la croissance et l’inflation). Son mandat comprend l’émission de billets et le maintien de la stabilité des prix, avec un objectif d’inflation autour de 2 %. En 2013, la BoJ a lancé une politique très accommodante (politique qui rend l’argent facile à emprunter, notamment via des taux très bas) pour soutenir la croissance et faire remonter l’inflation. Elle a utilisé l’assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE, une politique qui crée de la monnaie pour acheter des actifs financiers), en achetant des actifs comme des obligations d’État et des obligations d’entreprises (titres de dette : l’émetteur emprunte de l’argent et rembourse avec intérêts). En 2016, elle a introduit des taux d’intérêt négatifs (les banques paient pour placer une partie de leurs réserves, afin d’inciter à prêter) et a commencé à contrôler le rendement (taux d’intérêt) des obligations d’État à 10 ans. En mars 2024, elle a relevé les taux, s’éloignant de cette politique très accommodante. Les mesures de relance à grande échelle ont affaibli le yen face aux grandes devises, avec une pression supplémentaire en 2022 et 2023 lorsque d’autres banques centrales ont relevé leurs taux. La baisse du yen s’est en partie inversée en 2024 après que la BoJ a commencé à réduire progressivement ses mesures de soutien (retirer peu à peu les achats d’actifs et la politique très souple). Le changement de politique a suivi une inflation plus élevée après l’affaiblissement du yen et la hausse des prix mondiaux de l’énergie, qui ont poussé l’inflation au-dessus de 2 %. Les attentes de hausse des salaires ont aussi soutenu cette décision.Implications pour le yen et les traders
Les commentaires du gouverneur Ueda suggèrent que la Banque du Japon maintiendra une approche prudente. Il indique que, même si l’inflation évolue dans le bon sens, les hausses de taux resteront lentes et progressives, et ne se produiront pas rapidement. Pour les traders (opérateurs de marché), cela signifie que la raison principale de la faiblesse du yen — le grand écart de taux d’intérêt avec d’autres grandes économies — restera présente à court terme. Le moteur clé reste le carry trade (stratégie consistant à emprunter dans une monnaie à taux faible, comme le yen, pour investir dans une monnaie à taux plus élevé et tenter de gagner la différence de taux), alimenté par l’écart entre les taux proches de zéro au Japon et des taux plus élevés ailleurs, comme le taux directeur actuel de 4,0 % de la Réserve fédérale américaine (banque centrale des États-Unis). Tant que cet écart existe, une pression de fond pèsera sur le yen, maintenant des paires comme l’USD/JPY à des niveaux élevés. Le niveau actuel de 159,21 reflète la conviction du marché que l’idée d’emprunter en yens pour investir dans des actifs en dollars reste rentable. On peut regarder la hausse historique des taux de la BoJ en mars 2024 comme point de repère. Après cette décision, le yen n’a pas réussi à conserver un renforcement important, car la banque n’a pas signalé un nouveau resserrement rapide (resserrement monétaire : politique qui freine l’économie via des taux plus hauts et moins de liquidité), un schéma observé jusqu’en 2025. Cela montre qu’un seul mouvement ne suffit pas à inverser une tendance de long terme sans une série claire et énergique de hausses de taux. Les données récentes soutiennent l’attentisme de la banque, tout en augmentant la pression pour plus tard. Les derniers chiffres de février 2026 ont montré une inflation de base (mesure de l’inflation hors éléments très variables) de 2,5 % au niveau national, au-dessus de l’objectif de la BoJ depuis plus de deux ans. De plus, les négociations salariales de printemps « shunto » (grandes négociations annuelles au Japon entre entreprises et syndicats) viennent de se conclure, avec un accord dans les grandes entreprises sur une hausse moyenne des salaires de 4,5 %, ce qui suggère que la hausse des prix pourrait s’installer davantage. Dans ce contexte, une stratégie possible pour les traders de dérivés (produits financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent, comme une devise), est de se concentrer sur des options (contrats donnant le droit, mais pas l’obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé) qui profitent d’une faible volatilité (faibles variations de prix) et de la poursuite d’une lente baisse du yen. Vendre des options d’achat JPY hors du prix (options dont le prix d’exercice est éloigné du niveau actuel du marché, donc moins susceptibles d’être exercées) ou des options de vente USD permet d’encaisser une prime (le prix payé pour l’option), en pariant que la BoJ ne surprendra pas le marché par un virage soudain plus strict (plus favorable à des hausses de taux). Cette approche tire parti du caractère graduel et prévisible de la trajectoire de la banque centrale. Cependant, les traders doivent rester attentifs au risque d’intervention sur la devise par le ministère des Finances (action directe sur le marché des changes, par exemple acheter du yen), qui devient plus probable à mesure que l’USD/JPY approche du niveau 160. Les autorités sont intervenues pour racheter du yen fin 2024 lorsque la monnaie s’était affaiblie au-delà de seuils similaires. Toute position devrait donc être gérée avec des contrôles de risque stricts afin de se protéger contre une hausse soudaine du yen liée à une intervention.
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