Inflation et attentes sur la Fed
Un risque d’inflation plus élevé pourrait pousser la Réserve fédérale américaine (Fed, la banque centrale des États-Unis) à garder des taux d’intérêt élevés plus longtemps, voire à les augmenter. Cela peut pénaliser l’or, car l’or ne verse pas d’intérêt. La demande de dollar américain a augmenté après un recul depuis son plus haut niveau depuis mai 2025, ce qui a aussi limité la hausse de XAU/USD. Les marchés attendaient le résultat de la réunion de deux jours du FOMC mercredi. Le FOMC est le comité de la Fed qui décide des taux. D’autres annonces de politique monétaire étaient aussi attendues plus tard dans la semaine : la BCE (Banque centrale européenne), la BoJ (Banque du Japon) et la BoE (Banque d’Angleterre), c’est-à-dire les banques centrales qui fixent les taux dans leurs zones. Les signaux techniques restent négatifs : le prix a cassé la SMA 200 périodes sur le graphique 4 heures (SMA = moyenne mobile simple, un indicateur qui lisse les prix ; “200 périodes” signifie calculée sur les 200 dernières bougies) et se situe sous le niveau de Fibonacci 38,2 % (un repère basé sur des proportions souvent utilisées pour estimer des zones de correction). Le MACD (12, 26, 9) est sous zéro (MACD = indicateur de dynamique basé sur l’écart entre deux moyennes mobiles), et le RSI est à 41 (RSI = indicateur de force du mouvement, de 0 à 100). La résistance se situe près de 5 040 $, puis 5 063 $, avec 5 186 $ au-dessus. Le support est à 5 000 $, puis 4 995–4 985 $, avec 4 921,41 $ en dessous. La situation est très tendue : la demande de valeurs refuges liée à la guerre au Moyen-Orient se heurte à une Fed “hawkish” (c’est-à-dire prête à garder des taux élevés pour combattre l’inflation). On a vu une dynamique comparable début 2022 lors de l’invasion de l’Ukraine : l’or avait d’abord bondi, puis avait reculé sous l’effet des fortes hausses de taux de la Fed. Comme l’or est déjà au-dessus de 5 000 $, il faut rester prudent : les craintes d’inflation de la Fed peuvent facilement l’emporter sur l’effet “refuge” lié à la géopolitique. Ce niveau d’incertitude suggère de surveiller surtout la volatilité implicite (l’anticipation, par le marché, de l’ampleur des variations futures, dérivée des prix des options). L’indice de volatilité du CBOE (VIX) a probablement dépassé 40 ; le VIX mesure la peur du marché à partir des options sur l’indice S&P 500, et un niveau élevé est associé à un stress important. Il faut aussi supposer que les primes d’options (le prix payé pour acheter une option) sur les contrats à terme sur l’or sont très élevées. Dans ce contexte, acheter simplement des options d’achat (call) ou des options de vente (put) est risqué : leur valeur peut baisser rapidement avec le temps si les nouvelles du conflit se calment. Cette baisse liée au temps s’appelle la “décroissance temporelle” (theta) : une option vaut moins à mesure que l’échéance approche, toutes choses égales par ailleurs.Choc pétrolier et stress de marché
La perturbation au détroit d’Ormuz, qui gère plus de 20 % du pétrole quotidien mondial, est le principal moteur des craintes d’inflation de la Fed. La dernière fermeture longue, à la fin des années 1970 pendant la révolution iranienne, avait presque triplé les prix du pétrole et alimenté une décennie de stagflation mondiale (stagflation = inflation élevée avec croissance faible). Ce précédent historique est précisément ce que le FOMC regarde, ce qui rend possible une hausse surprise des taux cette semaine. Avec l’indice du dollar américain (DXY) proche de sommets de plusieurs années vus en mai 2025, le message est clair : les marchés privilégient le rendement (l’intérêt obtenu) et la sécurité du dollar plutôt que l’or. Un dollar fort rend l’or plus cher pour les acheteurs étrangers et constitue un frein important. Cette relation inverse (quand le dollar monte, l’or a tendance à baisser) compte souvent sur les métaux précieux. Compte tenu de la réunion du FOMC et des forces contradictoires, on peut envisager des stratégies qui gagnent si le prix bouge fortement dans un sens ou dans l’autre. Mettre en place un strangle acheteur (long strangle) — acheter un call hors de la monnaie et un put hors de la monnaie — permet de profiter d’une forte hausse ou d’une forte baisse après les annonces des banques centrales. “Hors de la monnaie” signifie que le prix d’exercice (strike) est au-dessus du prix actuel pour un call, ou en dessous pour un put. Cette approche fixe le risque maximal (la prime payée) tout en donnant une exposition à une volatilité très forte. On peut utiliser les niveaux techniques clés pour structurer ces positions. Par exemple, acheter des puts avec un prix d’exercice sous le support 4 985 $ et des calls avec un prix d’exercice au-dessus de la résistance 5 063 $ correspond à une stratégie de volatilité. L’objectif n’est pas de prévoir la direction, mais d’être positionné pour un mouvement marqué une fois que le marché aura intégré les décisions de banques centrales de cette semaine.
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