Routes d’approvisionnement et risque pour le transport maritime
L’Irak a accepté de reprendre les exportations de pétrole via le port turc de Ceyhan, ce qui réduit la dépendance aux routes liées au détroit d’Ormuz. L’Iran a aussi autorisé le passage sûr de certains navires selon leurs affiliations (liens avec des pays ou des entreprises), ce qui a réduit une partie des inquiétudes immédiates sur le transport maritime. Le Brent (pétrole brut de référence international) est resté au-dessus de 100 $, tandis que la volatilité quotidienne (ampleur des variations de prix) s’est réduite, selon Deutsche Bank. La banque a aussi relié ce calme relatif à l’accord d’exportation Irak–Turquie et à l’usage d’itinéraires alternatifs. Les données américaines sur les stocks ont indiqué une demande plus faible. L’API (American Petroleum Institute, organisme qui publie une estimation des stocks) a signalé une hausse des stocks de brut de 6,6 millions de barils, et l’EIA (Energy Information Administration, agence publique américaine) a rapporté une hausse de 6,16 millions de barils, quatrième hausse hebdomadaire consécutive. Les États-Unis ont cherché à rouvrir le détroit d’Ormuz, mais des alliés ont refusé de participer. Les États-Unis ont aussi accordé une dérogation temporaire au Jones Act (loi qui limite le transport maritime intérieur aux navires américains) afin de faciliter l’acheminement de produits énergétiques et de limiter les hausses de prix.Se positionner pour une volatilité persistante
On observe un rapport de force entre les risques géopolitiques sur l’offre (baisse possible de l’approvisionnement) et des signes de demande en recul. L’objectif est de ne pas parier sur un seul scénario, mais de se préparer à une volatilité durable. Dans ce contexte, les paris directionnels simples (miser seulement sur une hausse ou une baisse) sont risqués, car les prix peuvent bouger fortement au prochain titre sur le Moyen-Orient ou à la publication d’un mauvais indicateur économique. Dans cette incertitude, on peut envisager des stratégies sur options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) qui profitent des mouvements de prix. L’indice de volatilité du pétrole, l’OVX (mesure des variations attendues du prix du pétrole via le prix des options), est resté élevé, récemment autour de 45, ce qui indique que le marché anticipe de fortes variations à court terme. Cela suggère que des straddles ou strangles acheteurs (stratégies consistant à acheter des options d’achat et de vente pour gagner si le prix bouge beaucoup, dans un sens ou dans l’autre) peuvent être adaptés, permettant de gagner si le WTI dépasse 100 $ ou retombe vers le bas des 90 $. Du côté haussier, toute nouvelle escalade près du détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 21 millions de barils de pétrole par jour, pourrait faire bondir les prix. Pour s’y préparer, on envisage des options d’achat hors du cours (options « call » dont le prix d’exercice est au-dessus du prix actuel, moins chères mais plus risquées) pour l’échéance de mai, car elles offrent un moyen peu coûteux de profiter d’un choc majeur sur l’offre. Un schéma comparable avait été observé lors des perturbations en mer Rouge en 2025, où des attaques ciblées contre le transport avaient immédiatement ajouté une prime de risque (surcoût lié au danger) aux prix. Cependant, il faut tenir compte des données baissières sur les stocks. Le rapport de l’EIA de la semaine dernière a montré des stocks de brut américains à 465 millions de barils, le niveau le plus élevé depuis le quatrième trimestre 2024, ce qui signale que l’offre dépasse la demande actuelle. Cela rend l’achat d’options de vente (options « put », droit de vendre à un prix fixé) utile comme couverture (protection) contre une baisse possible des prix si les craintes de récession (ralentissement économique) commencent à peser plus que la prime liée au conflit. Pour maîtriser les coûts et limiter le risque, l’utilisation de spreads verticaux (combiner deux options de même type et même échéance, à deux prix d’exercice différents) est une approche prudente dans les prochaines semaines. Par exemple, un bull call spread (acheter un call et vendre un call plus haut) permet de profiter d’une hausse modérée tout en réduisant le coût initial (prime payée). On se souvient que les prix du pétrole avaient dépassé 120 $ après le début du conflit en Ukraine en 2022, avant de reculer plus tard la même année avec les inquiétudes sur la croissance mondiale, ce qui rappelle que les hausses liées à la géopolitique peuvent être brèves.
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