Réaction du dollar après les demandes
Après la publication, l’indice du dollar américain (US Dollar Index, qui mesure le dollar face à un panier de grandes monnaies) est resté dans la moitié basse d’une fourchette quotidienne étroite. Il était indiqué en dernier en baisse de 0,15 % à 100,08. Ce chiffre solide des demandes d’allocations chômage, à 205 000, suggère que le marché du travail (la situation de l’emploi et des embauches) est plus « tendu » que prévu, c’est-à-dire qu’il y a relativement peu de personnes qui perdent leur emploi. Il faut y voir un signe d’une économie qui tient bien, ce qui complique la tâche de la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis, souvent appelée « la Fed »). Cette solidité réduit la pression immédiate sur la Fed pour envisager des baisses de taux d’intérêt (le coût de l’argent fixé en partie par la banque centrale) à court terme. Malgré ces données sur l’emploi, l’incapacité du dollar à monter est importante. Nous y voyons une réaction au rapport de février sur le CPI (Consumer Price Index, l’indice des prix à la consommation, une mesure de l’inflation) publié la semaine dernière, qui a montré que l’inflation sous-jacente (core inflation, l’inflation hors éléments très variables comme l’énergie et l’alimentation) ralentissait à un rythme annuel de 2,7 %. Cela crée un conflit clair pour le marché : un marché du travail fort face à une inflation qui ralentit. Du point de vue de 2025, on peut se rappeler les inquiétudes persistantes sur l’inflation au début de cette année-là, qui ont retardé les premières baisses de taux de la Fed jusqu’au troisième trimestre. Les modèles « Nowcasting » de la Fed de Cleveland (des estimations en temps réel basées sur des données récentes) anticipent que la prochaine publication du core PCE (Personal Consumption Expenditures, une autre mesure de l’inflation suivie de près par la Fed) sera de 2,8 %, ce qui souligne une inflation qui reste difficile à faire baisser. Ce parallèle historique suggère qu’il ne faut pas attendre de la Fed une baisse rapide des taux.Se préparer à la volatilité
Ces données contradictoires augmentent le risque de volatilité (des mouvements de prix rapides et importants), et il faut s’y préparer. Nous voyons une possibilité en achetant des options (des contrats qui donnent le droit d’acheter ou de vendre un actif à un prix fixé) qui profitent des grands mouvements de prix, comme des « straddles » acheteurs (stratégie d’options consistant à acheter une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice, pour gagner si le marché bouge fortement dans un sens ou dans l’autre) sur l’indice S&P 500 autour de la prochaine réunion de la Fed. Cette stratégie mise directement sur l’hésitation actuelle du marché. Le marché des dérivés de taux (produits financiers dont la valeur dépend des taux d’intérêt) intègre actuellement environ 75 points de base de baisse cette année (un point de base vaut 0,01 %, donc 75 pb = 0,75 %), ce qui semble élevé vu ces données sur l’emploi. Nous pensons qu’il y a une possibilité d’utiliser des options sur des contrats à terme SOFR (SOFR = taux de référence au jour le jour aux États-Unis ; les contrats à terme sont des accords pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) pour parier que le marché devra revoir ces attentes. Cette position permet de se placer en vue d’une Fed plus stricte (hawkish, c’est-à-dire plus encline à maintenir des taux élevés pour freiner l’inflation) que ce que le marché anticipe. Étant donné la réaction limitée du dollar, il faut aussi regarder les paires de devises. Le fait que le dollar ne monte pas malgré des nouvelles nationales positives suggère une force de fond d’autres monnaies comme l’euro. On peut exprimer cette idée en achetant des options d’achat (call options, qui profitent d’une hausse) sur l’EUR/USD, afin de se placer pour une éventuelle sortie par le haut si les prochaines données économiques européennes surprennent positivement.
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