L’euro monte après les déclarations de la BCE
L’euro a légèrement progressé après ces propos. L’EUR/USD est remonté vers 1,1570 après un plus bas intrajournalier (le plus bas de la journée) à 1,1552, mais restait en baisse de 0,15% par rapport à la clôture de jeudi. La BCE, basée à Francfort, fixe les taux d’intérêt de la zone euro avec un objectif de stabilité des prix, autour de 2% d’inflation. Son Conseil des gouverneurs se réunit huit fois par an et comprend les chefs des banques centrales nationales et six membres permanents, dont la présidente Christine Lagarde. L’assouplissement quantitatif (souvent appelé QE) consiste à créer de l’argent en euros pour acheter des actifs comme des obligations d’État ou d’entreprises (des titres de dette). Il a été utilisé en 2009–2011, en 2015 et pendant la pandémie de Covid. Le resserrement quantitatif (QT) fait l’inverse: la banque centrale arrête d’acheter des obligations et ne réinvestit plus, ou moins, l’argent des obligations arrivant à échéance. On observe une division nette au sein de la Banque centrale européenne: certains responsables signalent une hausse possible des taux en avril si les perspectives d’inflation se dégradent. Cette position plus dure (dite « hawkish », c’est‑à‑dire favorable à des taux plus élevés pour freiner l’inflation) est contestée par d’autres, qui soulignent l’incertitude et préfèrent attendre. La réaction limitée du marché (les prix bougent peu) montre qu’il n’est pas encore convaincu qu’une nouvelle hausse des taux arrive.Conséquences pour les traders et la volatilité
Ce désaccord public peut augmenter la volatilité (des variations de prix plus fortes) des actifs libellés en euros, c’est‑à‑dire des produits financiers dont le prix est en euros. Pour les traders de produits dérivés (contrats dont la valeur dépend d’un autre actif), cela signifie que le prix des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pourrait monter, car il dépend des mouvements de prix attendus. La position plus dure est appuyée par les dernières données d’inflation, avec une inflation globale à 2,6% et une inflation sous‑jacente à 3,1%. L’inflation sous‑jacente exclut surtout l’énergie et l’alimentation, souvent plus instables, pour mieux refléter la tendance de fond. Ces chiffres restent au‑dessus de l’objectif de 2% de la BCE, ce qui renforce l’idée que la lutte contre l’inflation n’est pas terminée. Il faut aussi se rappeler du cycle rapide de hausses de taux commencé mi‑2022 et accéléré pendant une grande partie de 2023. À l’époque, la BCE avait agi fortement quand il est devenu clair que l’inflation s’installait. Cet exemple montre qu’il ne faut pas sous‑estimer la volonté du Conseil des gouverneurs d’agir à nouveau si les anticipations d’inflation repartent à la hausse. Dans ce contexte, les traders peuvent envisager des stratégies qui profitent d’un euro plus fort ou de taux d’intérêt plus élevés. Par exemple, acheter des options d’achat (« call ») sur la paire EUR/USD pour miser sur une hausse de l’euro. Autre possibilité: acheter des options de vente (« put ») sur les contrats à terme (futures) sur le Bund allemand (obligation d’État allemande de référence). Cela peut rapporter si le prix des obligations baisse, car des attentes de hausse de taux font généralement baisser les prix des obligations. Mais une hausse des taux n’est pas certaine, ce qui soutient le camp prudent. Les dernières données de l’indice PMI (indice des directeurs d’achat, un indicateur basé sur des enquêtes auprès d’entreprises) pour l’industrie sont ressorties à 46,5. Un chiffre sous 50 indique une contraction, c’est‑à‑dire une baisse de l’activité industrielle. Cette faiblesse de l’économie réelle (l’activité concrète: production, emploi, investissement) renforce l’idée qu’une hausse des taux pourrait faire plus de mal que de bien. Ainsi, les prochaines publications sur l’inflation et l’activité économique dans les semaines à venir seront déterminantes. Une inflation nettement plus élevée que prévu pourrait pousser la BCE à agir, donnant raison au camp favorable à des taux plus élevés et soutenant l’euro. À l’inverse, un mauvais rapport sur l’emploi ou l’industrie renforcerait l’argument du camp plus accommodant (« dovish », favorable à des taux plus bas ou stables pour soutenir l’économie) et pourrait limiter toute hausse de la monnaie.
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