Les analystes de MUFG estiment que le CHF est à la traîne des autres devises du G10 depuis le début du conflit, les risques d’intervention de la BNS freinant la demande de valeur refuge.

by VT Markets
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Mar 23, 2026
Depuis que le conflit au Moyen-Orient a commencé le 28 février, le franc suisse (CHF) a fait moins bien que les autres grandes monnaies des pays développés (G10, c’est-à-dire les principales devises de 10 économies avancées). Il a été la troisième devise la plus faible après le dollar néo-zélandais (NZD) et la couronne suédoise (SEK), en baisse d’environ 3,0 % face au dollar américain (USD). USD/CHF est revenu vers une zone de blocage près de 0,7950 depuis sa moyenne mobile à 200 jours (moyenne du prix sur 200 jours, utilisée pour repérer la tendance). Plus tôt dans l’année, il avait touché un plus bas juste au-dessus de 0,7600.

La BNS freine la hausse du franc

La Banque nationale suisse (BNS) a indiqué qu’elle s’opposerait à une hausse trop rapide du CHF. Le 2 mars, elle a déclaré que sa volonté d’intervenir sur le marché des changes (acheter/vendre des devises pour influencer le taux de change) avait augmenté afin de contrer « une appréciation rapide et excessive » (appréciation = monnaie qui se renforce). La BNS a répété cette position lors de sa dernière réunion de politique monétaire (décisions sur les taux et la gestion de la monnaie) la semaine dernière. Elle a précisé que l’intervention viserait à éviter une hausse du franc qui pourrait menacer la stabilité des prix en Suisse (objectif de maintenir une inflation faible et stable). L’inflation suisse était faible avant le conflit, ce qui peut rendre le pays plus sensible à un franc trop fort. L’inflation était de 0,1 % en février, contre 2,2 % en février 2022, avant le conflit en Ukraine. La faiblesse récente du CHF pourrait ne pas durer si le choc sur les prix de l’énergie (hausse brutale des prix du pétrole/gaz) s’aggrave. Un choc mondial plus fort pourrait entraîner un retournement du mouvement du CHF.

Conséquences pour le trading et scénarios de risque

Le franc suisse ne s’est pas comporté comme une valeur refuge typique (monnaie qui se renforce quand le risque augmente) depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février. Au lieu de se renforcer, il s’est affaibli d’environ 3,0 % face au dollar américain, poussant la paire USD/CHF vers la zone de blocage clé à 0,7950. Ce mouvement inhabituel est directement lié à l’engagement public de la BNS à combattre toute hausse rapide du franc. Nous voyons la position de la BNS comme une réponse à une inflation intérieure exceptionnellement faible, à seulement 0,1 % avant le début du conflit. Les derniers chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique le 5 mars montrent que les prix à la consommation (prix payés par les ménages) ne sont encore en hausse que de 0,2 % sur un an (comparaison avec la même période l’an dernier), ce qui donne à la banque centrale une forte raison d’empêcher un franc plus fort de faire baisser les prix (déflation = baisse générale des prix). Cela contraste fortement avec début 2022, quand l’inflation était déjà à 2,2 % avant le choc énergétique de cette année-là, ce qui laissait à la BNS plus de marge pour accepter une monnaie plus forte. En regardant la période après le début du conflit en Ukraine en 2022, le franc s’était comporté comme une valeur refuge classique, et la paire EUR/CHF était nettement passée sous la parité (parité = autour de 1,00, quand 1 euro vaut environ 1 franc) pour la première fois depuis des années. Le contexte actuel est différent car la BNS agit activement contre cet effet, ce qui crée une lutte de forces sur la devise. Cette tension est visible sur le marché des produits dérivés (contrats financiers basés sur un actif), où la volatilité implicite à un mois sur USD/CHF (volatilité attendue par le marché, déduite des prix des options) est passée d’environ 5,5 % à plus de 7,0 % sur les trois dernières semaines. Pour les semaines à venir, cela peut créer des opportunités pour les traders qui pensent que la BNS réussira à limiter la force du franc. Vendre des options d’achat CHF très éloignées du prix actuel (options « hors du prix », avec un prix d’exercice loin du niveau actuel) ou mettre en place des spreads baissiers d’options d’achat sur le franc (stratégie avec plusieurs options pour profiter d’une hausse limitée) peut être une stratégie possible pour encaisser une prime (prime = somme reçue pour vendre une option). Cette idée parie que les menaces d’intervention de la banque centrale mettront un plafond à toute appréciation, surtout si USD/CHF teste sa moyenne mobile à 200 jours (niveau de tendance utilisé par de nombreux investisseurs). Cependant, nous restons prudents : il ne faut pas supposer que cette faiblesse du franc durera si la situation mondiale se dégrade. Les prix du Brent (type de pétrole de référence) ont déjà bondi de 12 % à plus de 92 $ le baril depuis fin février, ce qui montre que le choc énergétique est un risque réel. Les traders qui anticipent un ralentissement économique mondial plus large pourraient envisager des options à plus long terme, comme acheter des options de vente sur USD/CHF (put = option qui gagne si le prix baisse), afin de se positionner pour un possible retour vers la sécurité (flux vers les actifs sûrs) qui pourrait dépasser les efforts de la BNS. Créez votre compte réel VT Markets et commencez à trader maintenant.

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