Anticipations d’inflation et signaux sur les salaires
Les anticipations des entreprises pour l’inflation mesurée par le CPI (indice des prix à la consommation, principal indicateur d’inflation) à un an devraient monter à 3,9%, ce qui ferait remonter la moyenne mobile sur 3 mois à 3,3%. La mesure des anticipations de CPI à trois ans devrait atteindre 3% en moyenne mobile sur 3 mois. Les anticipations de croissance de l’emploi (prévisions d’augmentation des effectifs) ont atteint en février un plus haut de cinq mois, et un retournement est attendu. Les intentions d’embauche seront suivies de près pour confirmer ce changement. Côté activité, l’ONS (Office for National Statistics, l’institut national de statistique britannique) devrait confirmer une croissance du PIB (produit intérieur brut, mesure de la production de l’économie) de 0,1% au 4e trimestre 2025, en variation trimestrielle (q-o-q, c’est-à-dire par rapport au trimestre précédent). Tout risque de surprise à la hausse sur ce chiffre devrait rester limité. L’investissement des entreprises (dépenses en équipements, bâtiments et projets) devrait s’améliorer par rapport au -2,2% t/t publié. Malgré cela, cela ne devrait pas changer de façon notable le chiffre global du PIB.Implications de marché pour les taux UK et la GBP
En regardant un an en arrière, à la même période en 2025, nous redoutions un chiffre de PIB du 4e trimestre 2025 très faible, avec seulement 0,1% de croissance, dans un contexte d’inquiétudes liées au conflit avec l’Iran. L’attention se focalisait sur la hausse des anticipations d’inflation, les entreprises anticipant un CPI à 3,9% d’ici un an, ce qui donnait une vision sombre de l’économie britannique. À ce stade, les marchés intégraient aussi des anticipations d’inflation durablement élevées via des instruments dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un élément sous-jacent), comme les swaps d’inflation (échanges de flux visant à se couvrir contre l’inflation ou à parier sur son évolution), qui pouvaient être en décalage avec l’évolution effective des prix. Les craintes de 2025 sur un retournement de l’embauche ne se sont pas pleinement concrétisées. Alors que l’investissement des entreprises était faible, le taux de chômage est resté stable à 4,2% et les chiffres mensuels du PIB début 2026 ont montré une résistance inattendue. Les opérateurs doivent donc se méfier de positions trop pessimistes sur les actifs britanniques. Dans ce contexte de désinflation (ralentissement de la hausse des prix) plus rapide que prévu et d’activité qui tient, le marché attribue désormais une probabilité plus élevée à une baisse de taux de la Banque d’Angleterre d’ici l’été. Il y a un an, des anticipations de salaires élevées rendaient ce scénario moins crédible, mais la désinflation domine désormais. Cette évolution des anticipations de taux devrait peser sur la livre sterling. La perspective de taux plus bas que dans d’autres pays pourrait affaiblir la devise. Les investisseurs peuvent envisager d’utiliser des options (contrats donnant le droit, sans obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour se positionner sur une possible faiblesse de la GBP face au dollar, à l’approche des prochaines annonces du comité de politique monétaire (MPC, l’instance qui décide des taux).
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