Le risque d’intervention refait surface
Katayama a également évoqué une prochaine réunion des ministres des Finances du G7 et indiqué que le Japon était prêt à agir de manière déterminée sur le marché des changes. De son côté, la Banque du Japon a estimé le taux d’intérêt « naturel » du pays (niveau théorique compatible avec une économie ni en surchauffe ni en récession) entre -0,9% et 0,5%, contre -1,0% à 0,5% auparavant. L’ancien gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, a déclaré que la guerre en Iran pourrait accélérer, et non ralentir, le rythme des hausses de taux. Il a ajouté que le taux directeur (taux d’intérêt fixé par la banque centrale) pourrait être relevé trois à quatre fois d’ici l’an prochain, pour atteindre potentiellement environ 1,5%. Les ventes au détail au Royaume-Uni ont apporté un soutien limité à la livre, avec un recul de 0,4% sur un mois en février, contre -0,8% attendu, après une hausse de 2% en janvier. Sur un an, les ventes au détail ont progressé de 2,5% contre 2,1% attendu, en baisse par rapport à 4,8%. Hors carburant, elles ont reculé de 0,4% sur un mois et augmenté de 3,4% sur un an, contre 5,9% précédemment. Avec un GBP/JPY proche de 212,60, le principal risque est un mouvement brutal provoqué par les autorités japonaises. L’écart de taux (différence entre les taux d’intérêt des deux pays) reste favorable, avec un taux de la Banque d’Angleterre à 4,0% contre 0,5% pour la Banque du Japon, mais cette stratégie de portage (« carry trade », qui consiste à emprunter en devise à faible taux pour acheter une devise à taux plus élevé) est très fragile. Il faut donc recourir aux options pour gérer le risque tout ou rien d’une intervention dans les prochaines semaines. La menace de la ministre des Finances n’est pas théorique : les niveaux actuels ont déjà déclenché des actions par le passé. En avril et mai 2024, les autorités ont dépensé plus de 9 000 milliards de yens pour soutenir la monnaie lorsque l’USD/JPY a franchi 160,00. Cette intervention avait provoqué une chute de plusieurs « grandes figures » (mouvement d’au moins 1,00 sur une paire de devises) en quelques heures, et une réaction d’ampleur comparable est possible.Des options pour se protéger d’une intervention
Pour les traders acheteurs de GBP/JPY, acheter des options de vente (« put », instrument qui gagne lorsque le taux de change baisse) devient nécessaire pour limiter le risque. La volatilité implicite (volatilité attendue par le marché et intégrée dans le prix des options) à un mois sur les paires en yen a bondi à son plus haut depuis les tensions de marché du début 2025, rendant la protection coûteuse mais importante. Ces puts jouent le rôle d’une assurance en plafonnant la perte maximale en cas de hausse soudaine du yen. Pour spéculer sur une intervention, l’achat direct de puts GBP/JPY ou d’options d’achat sur le yen (« call » sur JPY, qui gagne si le yen monte) avec des échéances courtes offre une stratégie à risque limité. Les données de la semaine dernière montrent que les positions spéculatives nettes vendeuses sur le yen (paris agrégés sur une baisse du yen) sont à leur niveau le plus extrême depuis trois ans, signe d’un marché encombré et vulnérable à un retournement. Un mouvement violent forcerait ces positions à être rachetées (rachats de couverture), renforçant davantage le yen. Côté livre, ces ventes au détail faibles illustrent un ralentissement de l’économie britannique, tandis que l’inflation reste au-dessus de l’objectif à 2,8%. Cela complique la tâche de la Banque d’Angleterre et limite sa capacité à soutenir davantage la devise. Cette fragilité renforce la prudence avant de viser une hausse supplémentaire du GBP/JPY sans protection.
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