Implications de marché pour la politique de la BCE
Ce chiffre d’inflation en Italie secoue des marchés qui commençaient à miser sur la désinflation (ralentissement de l’inflation). Le bond à +1,6% sur un mois est nettement supérieur aux attentes et contredit l’idée que les tensions sur les prix sont maîtrisées. La capacité de la Banque centrale européenne (BCE) à commencer à baisser ses taux dès cet été est désormais plus incertaine. L’attention se porte d’abord sur les produits dérivés de taux à court terme (contrats financiers dont la valeur dépend des taux d’intérêt), car ils s’ajustent le plus vite. Nous voyons un intérêt à vendre des contrats à terme (futures) Euribor décembre 2026, car le marché anticipe encore au moins une baisse de taux d’ici là — un scénario fragilisé par ces données. Cette surprise plus restrictive (« hawkish », c’est-à-dire favorable à des taux plus élevés pour lutter contre l’inflation) survient alors que les commandes de l’industrie allemande ont augmenté de 0,8% le mois dernier, un signe de résistance de l’économie pouvant nourrir l’inflation. En repensant aux envolées des prix de l’énergie fin 2025, on voit à quelle vitesse les anticipations d’inflation (ce que ménages et investisseurs pensent de l’inflation future) peuvent se détacher. Cette période a montré que des premières statistiques, même d’un seul pays, peuvent annoncer un mouvement plus large. Les données de la vague inflationniste 2022-2023 indiquent notamment que l’inflation des services (hausse des prix des services) est restée élevée longtemps une fois installée. Dans ce contexte, il faut envisager de payer le taux fixe sur des swaps de taux en euros à 2 ans (contrats d’échange de taux: on paie un taux fixe et on reçoit un taux variable) pour se couvrir, ou profiter, d’une période de taux durablement plus élevés. Cela vise un ajustement de la partie courte de la courbe des taux (rendements des obligations à court terme). L’indice VSTOXX, qui mesure la volatilité (ampleur des variations) de l’Euro Stoxx 50, évolue près d’un point bas à 14,5, ce qui suggère un excès de confiance et rend les stratégies sur options (droits d’achat/vente à un prix fixé) relativement bon marché. Cet environnement pénalise les actions, sensibles à la hausse du taux d’actualisation (taux utilisé pour valoriser les profits futurs). Avec un Euro Stoxx 50 à un ratio cours/bénéfices anticipés (price-to-earnings, valorisation par rapport aux bénéfices attendus) de 15, au-dessus de sa moyenne sur cinq ans, l’indice est exposé à une correction. Nous achetons donc des options de vente (put options, droit de vendre) sur l’Euro Stoxx 50 à échéance juin afin de couvrir directement ce risque.Positionnement sur le change après l’IPC
Sur le marché des changes, ces données peuvent soutenir l’euro à court terme face aux devises dont la banque centrale paraît plus accommodante (« dovish », c’est-à-dire plus encline à baisser les taux pour soutenir l’économie). Comme les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis ont augmenté à 225.000 jeudi dernier, l’écart de politique monétaire entre la BCE et la Fed (Réserve fédérale américaine) pourrait se creuser. Nous nous positionnons en achetant des options d’achat (call options, droit d’acheter) sur EUR/USD.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets