Bert Colijn affirme que l’inflation en zone euro a grimpé à 2,5 % en raison de l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente et les prix alimentaires ralentissent

by VT Markets
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Apr 1, 2026
L’inflation en zone euro est passée de 1,9 % à 2,5 %, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. Les prix à la pompe ont été évoqués, avec un litre d’Euro-95 en hausse de près de 15 % sur le mois. D’autres indicateurs d’inflation ont reculé sur la même période. L’inflation alimentaire a ralenti de 2,5 % à 2,4 %, tandis que l’inflation sous-jacente — c’est-à-dire l’inflation hors énergie et alimentation, utilisée pour mieux mesurer la tendance de fond — est passée de 2,4 % à 2,3 %, avec un ralentissement à la fois des biens et des services.

Perspectives d’inflation à court terme

Le conflit au Moyen-Orient est présenté comme le principal élément susceptible d’influencer l’inflation à court terme. Parmi les effets possibles figurent une pression sur les prix de l’alimentation et des biens, via des pénuries d’engrais (produits utilisés en agriculture pour augmenter les rendements) et des perturbations des chaînes d’approvisionnement (difficultés de transport et de livraison des intrants et marchandises). Les anticipations de prix de vente dans l’industrie ont été indiquées en hausse, à leur plus haut niveau depuis début 2023. Les anticipations d’inflation des ménages — c’est-à-dire ce que les consommateurs pensent que les prix vont faire dans les mois à venir — auraient augmenté à des niveaux observés pour la dernière fois au début des années 1990 et au premier semestre 2022. La Banque centrale européenne (BCE) se concentre sur le maintien des anticipations d’inflation autour de 2 %. Le rapport indique que le risque d’une hausse plus large de l’inflation globale (inflation totale) et de l’inflation sous-jacente augmente si les perturbations durent, l’issue dépendant de l’évolution du conflit. Le bond rapide de l’inflation en zone euro à 2,5 % marque un net changement, entièrement dû à l’énergie. Avec un Brent — pétrole de référence international — au-delà de 98 dollars le baril ce mois-ci, en hausse de près de 15 %, la pression vient d’une seule source. La BCE se retrouve dans une position délicate, car l’inflation sous-jacente a, elle, reculé à 2,3 %.

Valorisation des marchés et volatilité

L’attention de la BCE semble se déplacer vers l’ancrage des anticipations d’inflation, qui retrouvent des niveaux proches de ceux de la crise énergétique de 2022. En conséquence, le marché des produits dérivés — contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif ou d’un taux, utilisés pour se couvrir ou spéculer — réduit rapidement les baisses de taux attendues cette année. Les opérateurs se positionnent désormais pour une BCE plus restrictive via des instruments comme les contrats à terme sur l’Euribor (taux interbancaire de référence, utilisé notamment pour anticiper l’évolution des taux). Cela rappelle le schéma observé fin 2025, lorsque des craintes sur l’offre avaient temporairement repoussé les anticipations d’assouplissement. L’incertitude sur la durée du conflit laisse prévoir une volatilité plus élevée dans les prochaines semaines. Le VSTOXX — principal indicateur de volatilité des actions de la zone euro, souvent interprété comme une mesure de “stress” de marché — a déjà progressé de plus de 30 % en un mois, signe d’une demande accrue de protection des portefeuilles. Cela peut conduire à utiliser des options de vente (“put”, qui donnent le droit de vendre à un prix fixé, afin de se protéger d’une baisse) sur les grands indices, ou des dérivés de volatilité (instruments liés directement aux variations de volatilité) pour se couvrir contre le risque de repli. Il faut surveiller les effets de “second tour”, c’est-à-dire le risque que le choc énergétique se transmette aux autres prix et finisse par alimenter l’inflation sous-jacente. Par exemple, les dernières enquêtes montrent que les anticipations de prix de vente dans l’industrie atteignent un plus haut depuis début 2023, reflet des inquiétudes sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts des intrants (coûts des matières premières, de l’énergie et des composants). Cela peut amener certains investisseurs à s’intéresser à des dérivés liés aux matières premières agricoles ou à des secteurs industriels très sensibles aux prix de l’énergie.

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