Le déficit budgétaire se creuse fortement
En février, le déficit budgétaire s’est nettement creusé à -32,1 milliards d’euros, en forte hausse sur un mois, ce qui pèse sur la trajectoire des finances publiques. Cela signifie que l’État devra davantage se financer sur les marchés (c’est-à-dire emprunter plus). Cette hausse des besoins d’emprunt tend à faire baisser le prix des obligations d’État françaises, appelées OAT (Obligations Assimilables du Trésor), et à faire monter leurs rendements (le rendement est le taux offert à l’investisseur, qui augmente généralement quand le prix de l’obligation baisse). Une stratégie possible consiste à vendre des contrats à terme (futures) sur OAT, c’est-à-dire parier sur une baisse de leur prix. Cette dégradation élargit aussi l’écart de rendement (spread, c’est la différence de rendement) entre les OAT françaises à 10 ans et les Bunds allemands (obligations d’État allemandes, considérées comme la référence la plus sûre de la zone euro). Cet écart atteint déjà 75 points de base (1 point de base = 0,01 point de pourcentage), un niveau plus observé depuis l’incertitude politique de 2024. À la même période en 2025, cet écart évoluait plutôt autour de 45 à 50 points de base. Cette hausse de la prime de risque (le supplément de rendement exigé pour compenser un risque plus élevé) peut justifier l’achat de CDS (credit default swaps, des contrats d’assurance contre un défaut de paiement) sur la dette souveraine française afin de se couvrir contre une nouvelle dégradation budgétaire. Une telle fragilité dans une grande économie de la zone euro peut aussi peser sur l’euro. La BCE (Banque centrale européenne) pourrait retarder l’« normalisation » de sa politique monétaire, c’est-à-dire le retour à une politique moins accommodante (par exemple relever les taux ou réduire le soutien). Cela rendrait la monnaie unique moins attractive. La paire EUR/USD (le taux de change euro/dollar) pourrait alors tester le niveau de soutien de 1,05 (un seuil de prix où la baisse est supposée trouver des acheteurs).Les actions françaises sous pression
L’incertitude gagne aussi les actions françaises : l’indice CAC 40 est déjà en retard sur le DAX (indice des grandes valeurs allemandes) de plus de 4% depuis le début de l’année. Un État qui emprunte davantage peut évincer l’investissement privé (effet d’éviction : les taux montent et le financement devient plus coûteux), ce qui augmente les coûts de financement des entreprises françaises et peut réduire leurs bénéfices. Une stratégie de protection consiste à acheter des options de vente (put options, un contrat qui prend de la valeur si l’indice baisse) sur le CAC 40 pour se prémunir d’un repli.
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