Signaux sur la croissance intérieure
Les responsables ont cité une « faiblesse persistante » du logement et une « mollesse continue » du marché du travail. Ils ont aussi mentionné des vents contraires domestiques (facteurs internes qui freinent l’économie) et l’incertitude géopolitique. La Banque a indiqué que la hausse des prix de l’énergie pouvait se diffuser à d’autres postes de l’IPC (indice des prix à la consommation), notamment les billets d’avion et l’alimentation. Elle a ajouté qu’il était « trop tôt pour évaluer leur impact net sur les perspectives de croissance ». Les décideurs ont affirmé être prêts à réagir si nécessaire. Toutefois, le ton ne suggère pas d’urgence à agir tant que l’incertitude reste élevée.Implications pour la stratégie de taux
Cette prudence s’appuie sur des données récentes montrant une perte de vitesse de l’économie. Les derniers chiffres de Statistique Canada indiquent que le taux de chômage a légèrement augmenté à 6,3% en février, et les économistes prévoient désormais une croissance du PIB au T1 de seulement 0,5% en rythme annualisé (taux exprimé comme si la hausse se répétait sur un an), bien en dessous des estimations précédentes. Ces freins internes donnent à la Banque de solides raisons d’attendre. La faiblesse de certains secteurs renforce ce biais accommodant. Les ventes nationales de logements ont reculé de 5% sur un an en février, selon la CRE A (Association canadienne de l’immobilier). Dans le même temps, l’inflation sous-jacente reste modérée, l’IPC de février ressortant à 2,4%. Avec une inflation si proche de la cible de 2%, la pression pour durcir la politique monétaire (c’est-à-dire relever les taux) est limitée. Le principal risque pour ce scénario est le conflit géopolitique et son effet sur l’énergie. Avec un Brent qui s’échange durablement au-dessus de 95 dollars le baril, une hausse des coûts de l’énergie pourrait se transmettre à l’inflation globale et contraindre la Banque à agir plus tard dans l’année. Cette incertitude explique aussi pourquoi la Banque n’envoie pas de signal clair en faveur de baisses de taux. Pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent, comme un taux ou un contrat à terme), cela plaide pour des stratégies visant à tirer parti des variations de marché sur les taux. Le tiraillement entre des données domestiques faibles et des pressions inflationnistes importées peut entraîner des mouvements heurtés (évolutions irrégulières) sur des actifs comme le dollar canadien et les contrats à terme sur obligations (futures, contrats standardisés pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé). L’achat de straddles (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice, pour gagner si le marché bouge fortement) ou de strangles (options d’achat et de vente avec des prix d’exercice différents, généralement moins coûteux mais nécessitant un mouvement plus important) peut être pertinent pour profiter d’un mouvement marqué dans un sens ou dans l’autre. Le marché intègre déjà en partie ce biais accommodant: les contrats à terme BAX (futures sur taux à court terme canadiens, utilisés pour anticiper l’évolution des taux) suggèrent moins de 20% de probabilité d’une hausse à la prochaine réunion d’avril. Autrement dit, le scénario « statu quo » est largement intégré. L’opportunité pourrait plutôt venir d’une surprise, si l’économie domestique se dégrade plus vite que prévu ou si un choc énergétique mondial accélère l’inflation.
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