Impact Sur Le PIB D’un Usage Maximal Des Oléoducs
L’utilisation des oléoducs existants à pleine capacité ajouterait environ 8–9 Md$ au PIB nominal (PIB mesuré aux prix courants, donc incluant l’effet des prix), soit 0,3%, sur la base d’un scénario central pour le WTI (West Texas Intermediate, référence du prix du pétrole américain). La hausse estimée du PIB réel (PIB corrigé de l’inflation) serait d’environ 0,2%, avant effets indirects ou réponse budgétaire. Si les expéditions par rail augmentent, le gain pourrait monter à 0,6% pour le PIB nominal et 0,4% pour le PIB réel. Sans nouvelle capacité d’exportation, le soutien supplémentaire lié à la hausse des prix du pétrole reste limité, l’oléoduc TMX (Trans Mountain Expansion, extension de l’oléoduc Trans Mountain) étant annoncé à pleine capacité d’ici avril. Des prix du brut plus élevés devraient relever le PIB de 0,4 point de pourcentage d’ici le T4, par rapport à un scénario à 65 $. Malgré cela, l’écart de production négatif devrait se prolonger jusqu’en 2027. Les prix plus élevés de l’énergie soutiennent l’économie, mais les goulots d’étranglement à l’exportation en limitent l’impact. L’oléoduc Trans Mountain étant désormais annoncé à pleine capacité, toute hausse de production peine à atteindre le marché. Cela suggère que la hausse habituelle du dollar canadien lorsque le pétrole monte — alors que le WTI est proche de 85 $ le baril — devrait rester limitée dans les prochaines semaines.Perspectives De Taux Et Positionnement De Marché
L’idée que la Banque du Canada maintiendra ses taux inchangés en 2026, malgré cet appui lié au pétrole, est centrale. Même si les derniers chiffres d’inflation de février 2026 indiquent un IPC (indice des prix à la consommation) à 2,5%, l’écart de production négatif donne à la banque centrale une raison d’attendre. Dans ce contexte, les positions sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent) qui profitent de taux courts stables paraissent plus attractives que celles misant sur une hausse rapide des taux. On voit déjà l’effet de ces limites d’exportation dans le prix du pétrole canadien. La décote du Western Canadian Select (WCS, qualité de pétrole canadien) par rapport au WTI s’est récemment creusée de 13 $ à plus de 17 $, reflétant le coût plus élevé d’acheminer le baril « marginal » (le baril supplémentaire) par rail. L’optimisme du début 2025, selon lequel les nouvelles capacités d’oléoducs réduiraient durablement cet écart, se heurte aujourd’hui aux limites de l’infrastructure. La situation complique la donne pour les actions du secteur énergétique canadien : des prix mondiaux élevés sont compensés par des prix réellement obtenus au Canada plus faibles, du fait d’un différentiel plus large. Cela pourrait augmenter la volatilité (ampleur des variations de prix) des valeurs énergétiques canadiennes dans les prochaines semaines. Les investisseurs pourraient donc privilégier des stratégies d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) visant à profiter des oscillations de cours du secteur plutôt que d’un mouvement net dans une direction.
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