Focus sur le marché de l’or
L’or ne verse pas d’intérêt (il ne génère pas de revenu comme une obligation). Il peut donc perdre de son attrait lorsque les taux d’intérêt devraient rester élevés. Les opérateurs attendaient aussi le rapport américain sur l’emploi de mars, publié vendredi. Le marché anticipe une hausse des « Nonfarm Payrolls » de 60 000 en mars (les créations d’emplois américaines hors agriculture, un indicateur clé du marché du travail), tandis que le « taux de chômage » est attendu stable à 4,4%. Une statistique plus faible pourrait peser sur le dollar et soutenir l’or, coté en dollars (un dollar plus faible rend l’or moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies). Les banques centrales restent de grands détenteurs d’or et en achètent pour diversifier leurs réserves (réduire la dépendance à une seule monnaie ou à un seul actif). Elles ont ajouté 1 136 tonnes en 2022, pour environ 70 milliards de dollars, un record annuel, la Chine, l’Inde et la Turquie figurant parmi les pays ayant accru leurs achats.Perspectives de trading sur la volatilité
Les propos du président sur l’Iran instaurent une période de deux à trois semaines de risque géopolitique accru (risque lié aux tensions internationales). Cela donne une fenêtre claire pour se positionner face à une hausse de la volatilité (fortes variations de prix), non seulement sur l’or mais aussi sur le pétrole brut, déjà en nette hausse. Les actifs défensifs (valeurs dites « refuges », recherchées en période de stress) pourraient être soutenus durant cette période, mais l’or pourrait être tiraillé entre la demande de valeur refuge et la pression de taux d’intérêt plus élevés. Cette configuration est défavorable à l’or, car la hausse du pétrole complique la trajectoire de la Réserve fédérale (la banque centrale américaine), en augmentant le risque d’inflation (hausse générale des prix) et en réduisant la probabilité de baisses de taux que le marché anticipait. Un scénario comparable avait été observé en 2022, lorsque le choc énergétique avait alimenté l’inflation et poussé à un durcissement monétaire marqué (relèvement rapide des taux). L’outil CME FedWatch indique désormais que les marchés à terme (contrats permettant de se couvrir ou de spéculer sur l’évolution future des taux) attribuent une probabilité plus faible à une baisse de taux à court terme qu’il y a une semaine. Cependant, le soutien des acheteurs institutionnels demeure. Après les achats records de 2022, les banques centrales ont continué d’augmenter leurs réserves en 2024 et 2025, en absorbant plus de 1 000 tonnes par an. Cette demande régulière des États (acheteurs souverains) crée un socle durable pour le marché et peut limiter l’ampleur des replis. Le dollar américain reste la variable la plus déterminante dans les prochaines semaines. Un rapport sur l’emploi faible ferait probablement baisser le dollar et pourrait ramener l’or vers ses récents sommets au-dessus de 4 700 $. À l’inverse, un chiffre NFP nettement supérieur aux attentes soutiendrait le dollar et pourrait pousser l’or vers des zones de support plus basses, potentiellement près de 4 600 $. Compte tenu de ces incertitudes, des stratégies sur options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) qui profitent d’une hausse de la volatilité peuvent être adaptées. Acheter un « straddle » (achat simultané d’un call et d’un put au même prix d’exercice) ou un « strangle » (achat d’un call et d’un put à des prix d’exercice différents) avec des échéances fin avril ou début mai permet de miser sur un mouvement important dans un sens ou dans l’autre, sans devoir prévoir précisément l’issue du rapport sur l’emploi ou l’évolution de la situation en Iran. Pour un scénario plus directionnel, les « spreads verticaux » (combinaison de deux options de même échéance avec des prix d’exercice différents, pour limiter le risque) offrent une approche à risque borné. Si vous pensez que les craintes géopolitiques l’emporteront, un « bull call spread » (achat d’un call et vente d’un call plus haut) peut capter une partie de la hausse. À l’inverse, si vous anticipez un rapport sur l’emploi solide et une détente des tensions, un « bear put spread » (achat d’un put et vente d’un put plus bas) peut être approprié.
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