Les attentes de taux ont changé depuis la guerre
Depuis le début de la guerre avec l’Iran, les anticipations de taux sont passées d’au moins deux baisses pour 2026 à jusqu’à quatre hausses à la mi-mars, avant de revenir vers environ deux. Le taux directeur de la BoE (Bank Rate, le taux qui sert de référence aux coûts d’emprunt au Royaume-Uni) avait été abaissé de 150 points de base (pb, soit 1,50 point de pourcentage) depuis août 2024, à 3,75 %, et le pétrole a dépassé 100 dollars après la fermeture du détroit d’Ormuz. Les équipes de la BoE projetaient une inflation CPI (indice des prix à la consommation, mesure standard de l’inflation) à 3,5 % d’ici le troisième trimestre 2026, contre environ 2 % avant la guerre. Pendant la séance nord-américaine, le GBP/USD s’établissait à 1,32144, en repli de 0,40 %, après des propos de Donald Trump indiquant que la mission en Iran pourrait durer deux à trois semaines, avec une menace de frappes sur des actifs énergétiques en l’absence d’accord. Compte tenu de l’escalade sous la présidence Trump, le dollar américain devrait rester robuste grâce à la demande de valeur refuge (flux vers les actifs jugés plus sûrs en période de risque). Cette dynamique pourrait pousser le GBP/USD vers son point bas de mi-mars à 1,3080 à court terme. Le facteur principal est la crainte géopolitique, qui domine actuellement les éléments économiques propres au Royaume-Uni. Le changement rapide des anticipations de politique monétaire accroît fortement la volatilité (ampleur des variations de prix). La volatilité implicite à un mois sur le GBP/USD (volatilité déduite des prix des options, donc des attentes du marché) a probablement grimpé au-delà de 12 %, un niveau inédit depuis les tensions de marché de 2022. Cela suggère que des stratégies sur options visant à tirer profit de grands mouvements pourraient fonctionner. Les opérateurs doivent s’attendre à des retournements rapides à la moindre nouvelle sur le conflit avec l’Iran ou sur la BoE.Dilemme de politique monétaire de la Banque d’Angleterre
La Banque d’Angleterre se trouve dans une situation délicate, prise entre une inflation qui remonte et une économie qui ralentit. Le choc pétrolier a inversé la baisse de l’inflation observée fin 2025, lorsque le CPI s’était rapproché de 3,4 %, et les projections indiquent désormais 3,5 % plus tard cette année. Les commentaires du gouverneur Bailey laissent penser que la BoE pourrait hésiter à relever ses taux de manière marquée, ce qui entretient l’incertitude et pèse sur la livre. La hausse du pétrole brut au-dessus de 100 dollars le baril est le problème central, rappelant le choc énergétique observé après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Tant que le détroit d’Ormuz restera un point de tension, les prix de l’énergie maintiendront des anticipations d’inflation élevées au Royaume-Uni. Le marché est alors conduit à intégrer des hausses de taux, même si les perspectives de croissance mondiale se dégradent. Il faut aussi noter que le positionnement de marché devient probablement encombré à la baisse sur la livre sterling. Les dernières données de la CFTC (autorité américaine qui publie des statistiques sur les positions sur marchés à terme) indiquent sans doute que des fonds à effet de levier (fonds utilisant l’endettement et des produits dérivés pour amplifier l’exposition) ont accru leurs positions nettes vendeuses (net-short, davantage de paris à la baisse qu’à la hausse) sur la livre. Cela reflète le pessimisme actuel, mais augmente aussi le risque d’un rebond si les tensions au Moyen-Orient se détendent de façon inattendue.
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