Implications pour l’inflation et la politique de la Fed
La progression des salaires, plus faible qu’anticipé en mars 2026, suggère un ralentissement des tensions sur les prix. Cela peut donner à la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale américaine) davantage de raisons d’envisager une baisse de ses taux directeurs (les taux d’intérêt qu’elle fixe pour orienter le coût du crédit) plus tôt que prévu. Nous ajustons donc notre analyse vers une politique monétaire plus accommodante (dite « dovish », c’est-à-dire plus favorable à des taux plus bas) au second semestre. Cette perspective pourrait réduire la volatilité des marchés (l’ampleur des variations de prix), et faire passer l’indice VIX (baromètre de la volatilité attendue sur les actions américaines) sous sa moyenne récente de 14. Un schéma comparable a été observé début 2025 : des données d’emploi plus faibles avaient précédé des hausses durables des marchés d’actions. Certains investisseurs peuvent envisager d’acheter des options d’achat (« call », un contrat donnant le droit d’acheter un actif à un prix fixé à l’avance) sur le S&P 500, en pariant que des anticipations de taux plus bas soutiennent la valorisation des actions. La probabilité d’une baisse de taux d’ici la réunion du FOMC (le comité de la Fed qui décide des taux) de septembre 2026 a vraisemblablement augmenté. Selon le FedWatch Tool du CME (outil basé sur les prix des contrats à terme, utilisé pour estimer les probabilités de décisions de la Fed), le marché intègre désormais plus de 65 % de chances, contre 50 % la semaine dernière. Nous anticipons une hausse de la demande sur les contrats à terme sur taux, notamment ceux liés au SOFR (Secured Overnight Financing Rate, taux de financement au jour le jour garanti, utilisé comme référence aux États-Unis). C’est une manière directe de se positionner sur une baisse du taux directeur d’ici la fin de l’année. En 2025, chaque statistique plus faible que prévu sur l’emploi ou l’inflation avait entraîné une hausse des contrats à terme sur bons du Trésor, tandis que les rendements reculaient (le rendement étant le taux d’intérêt implicite d’une obligation). Une approche similaire, consistant à se positionner sur des rendements plus bas, pourrait à nouveau fonctionner. Une Fed moins offensive devrait peser sur le dollar. L’indice DXY (indice du dollar mesuré face à un panier de grandes devises) évolue dans une fourchette étroite autour de 104,0, et cette nouvelle pourrait déclencher un passage sous ce seuil. Des stratégies via des produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent) peuvent permettre de s’exposer à la hausse à l’euro ou au yen face au dollar.Principaux risques et confirmations à venir
Il faudra toutefois confirmer cette tendance avec la prochaine publication de l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation côté ménages) de mars. Si l’inflation sous-jacente (inflation « core », qui exclut notamment l’énergie et l’alimentation, plus volatiles), proche de 3,0 %, ressort aussi sous les attentes, cela renforcerait le scénario d’une Fed plus accommodante. À l’inverse, un CPI nettement supérieur aux anticipations effacerait rapidement la réaction du jour et réviserait les anticipations de marché.
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