Les chiffres de l’emploi américain surprennent à la hausse
Les données du Bureau of Labor Statistics ont montré que les États-Unis ont créé 178.000 emplois en mars, contre 60.000 attendus. Le chiffre de février a été révisé vers le bas, à une perte de 133.000 emplois contre une baisse de 92.000 annoncée auparavant. Le taux de chômage a reculé à 4,3% contre 4,4%. Le salaire horaire moyen a progressé de 0,2% sur un mois (m/m, comparaison avec le mois précédent), sous la prévision de 0,3% et après 0,4% précédemment. Sur un an (a/a, comparaison avec la même période un an plus tôt), les salaires ont augmenté de 3,5%, sous les 3,7% attendus et en ralentissement par rapport à 3,8% auparavant. Les marchés s’attendent à ce que la Réserve fédérale (Fed, banque centrale des États-Unis) maintienne ses taux directeurs inchangés plus longtemps. Les anticipations de baisse de taux (attentes du marché sur une future réduction des taux) ont reculé depuis le début de la guerre États-Unis–Israël contre l’Iran, car la hausse possible du pétrole accroît les risques d’inflation. Les chiffres de l’emploi confortent ce scénario.Divergence de politique monétaire et implications pour le trading
Une dynamique déjà vue se remet en place, similaire à l’environnement de marché de l’an dernier. Le rapport sur l’emploi de mars publié aujourd’hui indique que l’économie américaine a créé 255.000 emplois, bien au-dessus des 180.000 attendus, comme lors des surprises observées en mars 2025. Le taux de chômage a aussi reculé à 3,8%, signe d’un marché du travail toujours tendu. Cette solidité, notamment avec des salaires horaires moyens en hausse au rythme annuel de 4,1%, renforce la stratégie de la Fed dite « plus haut plus longtemps » (taux élevés maintenus plus longtemps). Des données résistantes donnent à la Fed des arguments pour garder les taux stables afin de limiter une inflation persistante. Conséquence: les contrats à terme sur les fed funds (fed funds futures, instruments qui reflètent les anticipations de taux de la Fed) excluent presque toute baisse de taux avant le troisième trimestre. La situation contraste avec l’Europe: l’inflation en zone euro (CPI, indice des prix à la consommation) a encore ralenti en mars, à 2,3%. Cette divergence de politique monétaire (écart croissant entre la Fed et la BCE) pèse sur l’EUR/USD, la Banque centrale européenne (BCE) semblant plus ouverte à un assouplissement (baisse des taux ou politique plus accommodante). L’écart de taux entre les États-Unis et l’Allemagne s’élargit en faveur du dollar, un moteur important du marché des changes. Pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent), cela plaide pour un positionnement baissier sur l’EUR/USD. Acheter des options de vente (put options, droit de vendre à un prix fixé) sur l’euro, ou mettre en place des « risk reversals » baissiers (stratégie d’options combinant achat de put et vente de call pour exprimer un biais baissier) permet d’exprimer ce scénario sur les prochaines semaines. Ces stratégies peuvent profiter d’un repli vers le support 1,0600 (zone de prix où la baisse a souvent tendance à se stabiliser), surtout si les prochains chiffres d’inflation américains ressortent élevés. On a vu la force de cette dynamique en 2022-2023, quand le durcissement rapide de la Fed (hausse des taux et conditions financières plus strictes) a propulsé l’indice du dollar au-dessus de 110. Cela montre qu’une Fed déterminée, soutenue par de bonnes données domestiques, peut installer une tendance durable contre des devises dont la banque centrale est plus conciliante (« dovish », favorable à des taux plus bas). L’histoire suggère que parier contre la Fed dans ces conditions a peu de chances de réussir.
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