Après de solides chiffres de l’emploi aux États-Unis, la livre sterling recule à 1,3205 face au dollar, les marchés anticipant une pause prolongée de la Fed sur ses taux

by VT Markets
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Apr 4, 2026
La paire GBP/USD a reculé pour une deuxième séance, en baisse de 0,12%, et s’échangeait à 1,3205. Le mouvement a suivi la publication des chiffres de l’emploi américain (Nonfarm Payrolls, c’est-à-dire le nombre d’emplois créés hors agriculture) et une inflation restée au-dessus de l’objectif depuis cinq ans. Les États-Unis ont créé plus de 178 000 emplois en mars, contre 60 000 attendus. Le chiffre de février a été révisé à la baisse à -133 000, tandis que le taux de chômage a reculé à 4,3% contre 4,4%.

Soutien du dollar via l’emploi et les taux

L’indice du dollar (US Dollar Index, qui mesure le billet vert face à un panier de devises) progressait de 0,12% et repassait au-dessus de 100,00. Les anticipations de marché indiquaient des taux américains inchangés, le conflit au Moyen-Orient étant cité comme facteur d’incertitude. L’indice PMI des services de S&P Global (Purchasing Managers’ Index, un indicateur d’activité basé sur des enquêtes auprès des entreprises) est tombé à 49,8 en mars contre 51,7 en février, signalant une contraction (un PMI sous 50 indique un recul de l’activité) pour la première fois depuis janvier 2023. L’enquête indique aussi un ralentissement des embauches et des tensions sur les prix. Les rendements des obligations du Trésor américain (Treasury yields, c’est-à-dire les taux d’intérêt implicites des emprunts d’État), dont le 2 ans, ont légèrement augmenté après le rapport sur l’emploi. Les données du CBOT (Chicago Board of Trade, une place de marché où se traitent des contrats à terme) montrent des attentes réduites de baisse des taux américains, le marché se rapprochant d’un scénario sans changement cette année. Sur le graphique, le cours est resté sous un groupe de moyennes mobiles simples (SMA, une moyenne du prix sur une période donnée) autour de 1,3550 et sous une zone de résistance démarrée à 1,3869. Les niveaux de support (zones où la baisse peut ralentir) se situent à 1,3200, puis 1,3100 et 1,3035, tandis que les résistances (zones où la hausse peut buter) sont à 1,3300, 1,3400 et 1,3500.

Mise en place de trade et cadrage du risque

Le solide rapport sur l’emploi américain, avec 178 000 créations de postes contre 60 000 attendus, renforce la perspective d’un dollar plus fort et d’une Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) plus stricte sur les taux (« hawkish » : orientée vers la lutte contre l’inflation, donc moins encline à baisser les taux). La contraction du PMI des services ravive des craintes de stagflation (faible croissance et inflation élevée). Mais la réaction immédiate du marché reste centrée sur la nécessité, pour la Fed, de contenir l’inflation, ce qui pèse sur GBP/USD, à 1,3205. Cette lecture est confortée par l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation) de mars 2026, qui montre une inflation toujours élevée à 3,8%, au-dessus de l’objectif de la Fed. Au Royaume-Uni, les dernières ventes au détail de février 2026 ont reculé de 0,5%, ce qui limite les arguments en faveur d’un renforcement de la livre. Cet écart de dynamique entre les deux économies plaide pour un GBP/USD plus faible. Dans ce contexte, on peut envisager d’acheter des options de vente (« put » : produit dérivé qui gagne en valeur si le taux de change baisse) sur GBP/USD avec un prix d’exercice (strike, le niveau de change qui sert de référence au contrat) sous 1,3200, en visant un mouvement vers 1,3100, voire 1,3035. L’incapacité répétée de la paire à dépasser la résistance proche de 1,3550 va dans le sens d’un scénario baissier. Une autre approche consiste à vendre des options d’achat (« call » : produit qui gagne si le taux de change monte) avec des strikes proches de 1,3400 pour profiter d’un marché plutôt stable à baissier. L’indice de volatilité de la livre sterling du Cboe (mesure de la volatilité implicite, c’est-à-dire l’amplitude de mouvements anticipée par le marché via les options) est monté à 9,5, signe d’une attente de variations plus fortes. Une volatilité plus élevée rend les options à risque défini (la perte maximale est connue à l’avance, souvent limitée à la prime payée) plus attrayantes que des positions vendeuses sur contrats à terme (« futures », instruments qui obligent à acheter ou vendre plus tard à un prix fixé), dont le risque peut devenir très important si le marché se retourne brutalement. Cela permet de se positionner sur une baisse tout en se protégeant contre un rebond rapide.

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