Choc d’offre au détroit d’Ormuz
Le détroit d’Ormuz transporte environ 20 % du pétrole mondial et est de facto fermé dans le contexte du conflit États-Unis–Iran. Cela réduit l’offre disponible sur le marché physique (le « marché physique » correspond aux livraisons réelles de pétrole, par opposition aux contrats financiers) et tire les cours du WTI vers le haut. L’Opep+ a déclaré dimanche qu’elle prévoyait d’augmenter sa production de 206 000 barils par jour en mai (l’Opep+ regroupe les pays de l’Opep et leurs alliés, dont la Russie, qui coordonnent leurs niveaux de production). Le groupe se réunira de nouveau le 3 mai pour décider des prochaines étapes. La montée des tensions retire une part importante de l’offre mondiale, ce qui rend la volatilité des prix (des variations rapides et fortes des cours) déterminante dans les prochaines semaines. L’indice de volatilité du pétrole brut OVX (un indicateur dérivé des prix des options, qui mesure les anticipations de volatilité du marché) remonte à des niveaux plus vus depuis les turbulences bancaires du début 2025. Dans ce contexte, certains privilégient des stratégies via options (contrats qui donnent le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé) conçues pour profiter de mouvements importants, car l’issue peut aller d’une escalade à une solution diplomatique rapide. Avec le détroit d’Ormuz, un point de passage étroit (« chokepoint », c’est-à-dire un goulot d’étranglement stratégique) pour près de 21 millions de barils par jour, désormais bloqué, le marché physique est extrêmement tendu. La hausse limitée de production de l’Opep+ apporte peu de soulagement, d’autant que les réserves stratégiques américaines (stocks publics d’urgence destinés à amortir les chocs d’approvisionnement) restent proches de plus bas depuis 40 ans, autour de 360 millions de barils. Ce déficit d’offre alimente des scénarios de prix plus élevés.Risques et points de vigilance
Il faut toutefois surveiller les signes de destruction de la demande (baisse de consommation provoquée par des prix durablement trop élevés), car un pétrole cher agit comme un impôt sur l’économie mondiale. Les derniers chiffres d’inflation de mars 2026 aux États-Unis et en Europe ont déjà montré une remontée préoccupante, et un choc pétrolier prolongé pourrait faire basculer des économies fragiles en récession. Un fort ralentissement finirait par faire chuter la demande de pétrole et, plus tard, les prix. L’attention immédiate se porte sur l’échéance de mardi fixée par Washington, ainsi que sur le rapport de l’API sur les stocks. Les données de stocks (volume de pétrole stocké, indicateur à court terme de l’équilibre offre-demande) restent importantes, mais elles seraient reléguées au second plan en cas d’action militaire — ou d’absence d’action — au Moyen-Orient. Cette incertitude binaire (deux issues possibles) rend les options hebdomadaires à très court terme particulièrement risquées.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets