Moteurs du yen et risque pétrole
Le yen a aussi subi des pressions avec la hausse des prix du pétrole, après le durcissement des menaces du président américain Donald Trump contre l’Iran. Le Japon est exposé à un risque d’approvisionnement car il dépend fortement des importations de pétrole depuis le Moyen-Orient. Donald Trump a fixé un nouveau délai pour que l’Iran rouvre le détroit d’Ormuz (un passage maritime clé pour le transport du pétrole) et a accentué ses menaces contre des centrales électriques et des infrastructures civiles. Des responsables iraniens ont déclaré qu’ils riposteraient contre des infrastructures liées aux États-Unis et que le détroit resterait fermé tant que les dommages de guerre ne seraient pas indemnisés. Toute nouvelle baisse de l’EUR/JPY pourrait toutefois être freinée par le soutien à l’euro, lié à la posture restrictive de la Banque centrale européenne (BCE, la banque centrale de la zone euro). La présidente de la BCE, Christine Lagarde, et d’autres responsables ont indiqué que la politique resterait restrictive (c’est-à-dire avec des taux élevés pour freiner la demande) jusqu’à ce que l’inflation revienne vers l’objectif de 2%.Stratégies en cas de volatilité plus forte
Pour ceux qui anticipent un mouvement important, des stratégies sur options comme les straddles ou les strangles peuvent être adaptées. Un straddle consiste à acheter une option d’achat (call) et une option de vente (put) au même prix d’exercice, afin de profiter d’un fort mouvement dans un sens ou dans l’autre. Un strangle est proche, mais avec des prix d’exercice différents, souvent moins coûteux mais nécessitant un mouvement plus ample. Dans les chocs géopolitiques liés au pétrole, la volatilité implicite (l’ampleur des variations de prix attendue par le marché et intégrée dans le prix des options) sur les grandes paires en yen est déjà montée de niveaux autour de 8% à plus de 15% : le coût des options devient donc déterminant. L’enjeu est de savoir si le mouvement réel du marché dépassera la prime de volatilité déjà élevée (le surcoût payé parce que le marché anticipe de grands mouvements). Si l’on pense que la BoJ sera le facteur dominant, une position vendeuse prudente sur l’EUR/JPY peut se justifier. Les Overnight Index Swaps (OIS, des swaps de taux au jour le jour utilisés pour mesurer les anticipations de taux directeurs) indiquent désormais une probabilité supérieure à 75% d’une hausse de 15 points de base (0,15 point de pourcentage) de la BoJ, en nette progression. Pour limiter le risque géopolitique, cette position vendeuse peut être couverte (c’est-à-dire protégée) en achetant des options d’achat hors de la monnaie (out-of-the-money, avec un prix d’exercice plus élevé que le cours actuel, moins chères mais jouant en cas de forte hausse) afin de se protéger contre un pic soudain si la situation à Ormuz se dégrade. À l’inverse, un investisseur misant sur le fait que la géopolitique l’emportera sur la politique des banques centrales peut prendre une position acheteuse. Avec le WTI (un pétrole de référence américain) au-dessus de 115 dollars le baril, un niveau rarement maintenu depuis les tensions d’offre de mi-2025, le risque d’une dépréciation rapide du yen est important compte tenu de la dépendance du Japon aux importations. Un stop-loss (ordre de sortie automatique pour limiter les pertes) ou l’achat d’options de vente (puts) serait essentiel pour se protéger contre une détente rapide des tensions ou un tour plus ferme (hawkish, c’est-à-dire plus favorable à des hausses de taux) inattendu de la BoJ. Le ton restrictif de la BCE peut offrir un soutien à l’euro, ce qui pourrait limiter la baisse de l’EUR/JPY et amortir le recul par rapport à d’autres paires en yen comme l’USD/JPY. Cela rend l’achat sur forts replis une approche possible pour ceux qui estiment que le choc pétrolier finira par dominer.
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