Risque au Moyen-Orient et demande de dollars
Le président Trump a fixé à mardi une échéance pour que l’Iran rouvre le détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le pétrole) et a proféré des menaces visant des centrales électriques et d’autres infrastructures civiles. Des responsables iraniens ont averti de représailles contre des infrastructures liées aux États-Unis et ont déclaré que le détroit resterait fermé tant qu’une compensation pour les dégâts liés à la guerre ne serait pas obtenue. La hausse des prix de l’énergie alimente l’idée que la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) pourrait retarder les baisses de taux et, si l’inflation (hausse générale des prix) persiste, relever plus tard cette année le coût d’emprunt (taux d’intérêt). Les marchés se concentrent désormais sur les Minutes de la réunion du FOMC (compte rendu détaillé du comité de politique monétaire de la Fed) pour obtenir des indications. En Suisse, les chiffres de l’inflation ont réduit la pression sur la Banque nationale suisse (BNS, banque centrale) pour modifier sa politique. L’inflation annuelle s’est établie à 0,3% sur un an en mars, au plus haut depuis un an, et proche de la borne basse de l’objectif de la BNS (0–2%).Volatilité en phase « risk-off »
Dans ce contexte d’incertitude élevée, une stratégie consistant à viser la volatilité (amplitude des mouvements de prix) peut devenir plus attractive. Avec un indice VIX (mesure de la volatilité attendue du marché actions américain, souvent appelé « baromètre de la peur ») récemment monté à 17, contre des niveaux proches de 12 plus tôt dans l’année, les marchés intègrent davantage de risque. L’utilisation d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) comme les straddles (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente, pour profiter d’un fort mouvement dans n’importe quel sens) sur des paires comme USD/CHF permet de tirer parti d’un grand mouvement de prix, quelle que soit la direction. L’écart de politique monétaire entre la Fed et la BNS reste un point clé. L’inflation américaine demeure élevée, le dernier indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’évolution des prix payés par les ménages) affichant une hausse annuelle de 3,5%, ce qui rend la Fed prudente sur des baisses de taux. À l’inverse, l’inflation suisse est à 1,0%, ce qui a permis à la BNS d’abaisser son taux directeur (taux de référence de la banque centrale) à 1,5% en mars, la première grande banque centrale à le faire. La flambée des prix de l’énergie complique la tâche de la Fed et soutient le dollar. Le Brent (référence mondiale du prix du pétrole) a gagné plus de 15% cette année et s’échange au-dessus de 90 dollars le baril, conséquence directe des risques persistants sur l’offre. Ces coûts énergétiques plus élevés nourrissent l’inflation, renforçant l’idée que la Fed pourrait repousser toute baisse de taux à la seconde moitié de l’année. Compte tenu du ton accommodant de la BNS (politique monétaire favorable à des taux bas), le franc suisse peut être utilisé comme monnaie de financement pour des carry trades (stratégies consistant à emprunter dans une devise à faible taux et à investir dans une devise à taux plus élevé). Concrètement, des opérateurs empruntent en francs, peu rémunérateurs, pour acheter des devises mieux rémunérées comme le dollar. Ces flux de capitaux peuvent continuer à peser sur le franc dans les prochaines semaines.
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