Demande de dollar portée par le risque géopolitique
L’EUR/USD a reculé vers 1,1710, l’appétit pour le risque (volonté d’investir dans des actifs plus risqués) s’étant affaibli en Europe. Les actions régionales ont de nouveau baissé, tandis que la hausse du pétrole a ravivé les craintes d’inflation (hausse générale des prix) en zone euro. Le GBP/USD a évolué autour de 1,3500 après la hausse de l’inflation CPI annuelle au Royaume-Uni à 3,3% en mars, contre 3,0% en février. Le CPI (indice des prix à la consommation) mesure l’évolution des prix payés par les ménages. L’inflation des services est montée à 4,5%, ce qui a influencé les anticipations de politique de la Banque d’Angleterre (orientation des taux et des conditions monétaires). L’USD/JPY s’est maintenu près de 159,50 alors que les rendements des bons du Trésor américain (taux offerts par la dette d’État, référence des marchés) se sont détendus. Le yen a bénéficié de son statut de valeur refuge (actif recherché en période d’incertitude), limitant la hausse de la paire. L’AUD/USD a légèrement progressé près de 0,7160 mais est resté sensible aux variations du sentiment de marché. Le WTI (pétrole américain de référence) a dépassé 93,10 dollars le baril, tandis que l’or s’est rapproché de 4 735 dollars par once troy (unité de mesure des métaux précieux, environ 31,1 grammes). Les prochaines publications incluent les PMI de la zone euro et du Royaume-Uni (indices d’activité des directeurs d’achat), les inscriptions au chômage aux États-Unis (demandes hebdomadaires d’allocations), les ventes de logements neufs aux États-Unis, l’inflation au Japon, les ventes au détail au Royaume-Uni, l’indice IFO en Allemagne (baromètre du climat des affaires), les ventes au détail au Canada, ainsi que l’enquête de l’Université du Michigan et les anticipations d’inflation (attentes des ménages sur la hausse future des prix).Comparer les conditions de marché d’hier et d’aujourd’hui
Nous observons un marché très différent de celui d’il y a un an. En avril 2025, la saisie de navires dans le détroit d’Ormuz avait provoqué un net mouvement de prudence et un afflux vers le dollar (recherche de sécurité). Aujourd’hui, les tensions dans la région se sont atténuées, et de récents éléments d’OPEP+ (alliance de pays producteurs de pétrole) confirment des quotas de production stables et un trafic maritime sans interruption dans le détroit. Cela a changé les moteurs du dollar, qui évoluait près de 98,60 sur le DXY lors de la crise de 2025. La force du billet vert provient moins de la seule demande de valeur refuge et davantage d’une inflation persistante. Les derniers chiffres de PIB du T1 2026 (produit intérieur brut, mesure de la croissance) montrent un ralentissement, compliquant la trajectoire de la Fed (Réserve fédérale américaine, banque centrale; sa « trajectoire » correspond à l’orientation future des taux). En conséquence, le DXY se maintient au-dessus de 106, reflétant une résistance différente, liée aux écarts de taux d’intérêt (différences de rendements entre zones monétaires). La forte hausse du WTI au-delà de 93 dollars le baril en avril 2025 a marqué les esprits, car elle avait amplifié les craintes d’inflation dans le monde. À l’inverse, les prix du pétrole se sont stabilisés, le WTI évoluant désormais plus près de 85 dollars, en partie grâce à l’augmentation de la production américaine de schiste. L’EIA (agence américaine d’information sur l’énergie) l’a signalé ce mois-ci. Ce calme relatif sur l’énergie suggère que les options d’achat sur le pétrole (contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé, utilisés pour se couvrir ou spéculer) pourraient être trop chères si leur prix repose sur la volatilité (amplitude des variations) de l’an dernier. Cela modifie l’approche sur les devises européennes, surtout à l’approche des échéances d’options (dates où les contrats arrivent à maturité). L’an dernier, l’EUR/USD glissait vers 1,1710 sous l’effet d’une aversion au risque généralisée. Aujourd’hui, sa faiblesse sous 1,07 tient davantage à une BCE accommodante (banque centrale jugée favorable à des taux bas) face à la Réserve fédérale. La livre, qui évoluait près de 1,3500, s’est mieux stabilisée après les hausses de taux de la Banque d’Angleterre, qui ont ramené l’inflation sous-jacente (inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation) observée début 2025 à 2,8%. Il faut aussi revoir les stratégies de valeur refuge dans ce nouvel environnement. La crise de l’an dernier avait vu l’USD/JPY tenir près de 159,50, mais on observe désormais un renforcement progressif du yen, la Banque du Japon signalant un éloignement lent de sa politique très souple (taux très bas et soutien monétaire). L’or, qui avait bondi à 4 735 dollars l’once grâce à l’incertitude de 2025 et à la baisse des rendements, s’est depuis stabilisé, les risques géopolitiques ayant été réévalués et les rendements s’étant raffermis.
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