Les marchés se concentrent sur la transition à la tête de la Fed
Les actions américaines ont inscrit de nouveaux records la semaine dernière, tandis que le Brent (pétrole de référence) est repassé au-dessus de 100 dollars le baril. L’attention se porte aussi sur la dernière conférence de presse du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC, l’instance qui décide des taux) avec Powell comme président, et sur la question de savoir s’il restera gouverneur de la Fed jusqu’en janvier 2028. À la même période en 2025, les marchés avaient progressé sur la perspective de voir Kevin Warsh devenir président de la Fed. Sa confirmation avait été perçue comme un signal accommodant, poussant les actions vers de nouveaux records malgré les inquiétudes liées au pétrole cher. Le départ de Jerome Powell avait renforcé l’idée d’une politique monétaire plus souple (c’est-à-dire des taux plus faibles et des conditions de crédit plus faciles). La Fed dirigée par Warsh a bien procédé à deux baisses de taux au second semestre 2025, mais l’inflation s’est révélée plus persistante que prévu. Les dernières données de l’indice des prix à la consommation (CPI, la mesure principale de l’inflation aux États-Unis) pour mars 2026 ont montré une inflation élevée à 3,9%, ce qui place la Fed dans une position délicate. Le marché est ainsi passé de l’attente de nouvelles baisses à la crainte d’un revirement (un retour à des hausses de taux ou à un discours plus strict). Cette incertitude implique de possibles variations importantes des prix dans les prochaines semaines. L’indice de volatilité du CBOE (VIX, qui mesure l’ampleur des fluctuations attendues sur l’indice S&P 500 et sert de baromètre du stress) est remonté de niveaux proches de 14 fin l’an dernier à plus de 20, signe d’une nervosité croissante avant la prochaine réunion du FOMC. En conséquence, les primes d’options (le prix à payer pour acheter une option, donc une protection) augmentent, car les investisseurs cherchent à se couvrir.Les produits dérivés à l’heure de la volatilité
Pour les intervenants sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif comme un indice ou une obligation), cet environnement incite à privilégier des stratégies liées à la volatilité. Acheter un « straddle » (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice) ou un « strangle » (même principe, mais avec des prix d’exercice différents) sur des indices comme le S&P 500 peut être pertinent: ces positions profitent d’un mouvement marqué dans un sens ou dans l’autre, sans devoir anticiper précisément la décision de la Fed. Le marché est tendu, et toute surprise pourrait déclencher une réaction brutale. On observe aussi une forte réévaluation des anticipations sur les taux d’intérêt, ce qui ouvre des opportunités sur des dérivés liés aux rendements obligataires (le taux offert par une obligation). Le rendement du Trésor américain à 2 ans, particulièrement sensible à la politique de la Fed, a bondi de plus de 50 points de base (1 point de base = 0,01 point de pourcentage) en deux mois, autour de 4,75%. Les opérateurs peuvent utiliser des options sur contrats à terme (futures, contrats standardisés pour acheter ou vendre plus tard) sur les emprunts d’État, afin de se positionner sur le risque que la Fed soit contrainte d’adopter un ton plus restrictif (plus « faucon », c’est-à-dire plus ferme contre l’inflation). Les équilibres internes à la Fed comptent aussi, notamment si Jerome Powell reste gouverneur jusqu’en 2028. Des discussions évoquent un fossé grandissant entre l’aile accommodante de Warsh et un courant plus prudent, possiblement emmené par Powell. Cette tension interne renforce l’imprévisibilité et peut rendre attractives les options de plus longue maturité (options à échéance lointaine), pour ceux qui estiment que l’incertitude sur la politique monétaire va durer.
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