Risques sur la mousson et pression sur la devise
Le service météorologique indien (India Meteorological Department) prévoit des pluies insuffisantes cet été, ce qui pourrait relever l’inflation alimentaire hors céréales. La roupie indienne a effacé les gains liés aux ajustements de « position ouverte nette » (net open position : exposition nette d’un acteur aux devises, après compensation achats/ventes) et a retrouvé une tendance graduelle à la baisse vers la zone des 94. La devise subit aussi des vents contraires liés à des perspectives modestes de flux de portefeuille (investissements étrangers en actions et obligations), ainsi qu’à des achats de contre-intervention (ordres visant à freiner les mouvements). Les actifs libellés en INR (roupies) sont jugés exposés à une volatilité accrue et à des risques de baisse tant qu’il n’y a pas de signes plus clairs de résolution du conflit États-Unis–Iran. Le rendement indien à 10 ans se raffermit actuellement autour de 7,35 %, reflet d’inquiétudes persistantes sur l’inflation. Même si le Brent s’est replié vers 88 dollars le baril, ce niveau reste suffisamment élevé pour pousser à la hausse les prix domestiques et la facture des importations. Cela plaide pour une gestion prudente des positions sur les contrats à terme de taux (interest rate futures : produits dérivés dont la valeur dépend des taux d’intérêt), dans l’hypothèse d’une poursuite de la hausse des rendements. Le marché OIS intègre la possibilité de nouvelles hausses de taux de la RBI, malgré un taux repo déjà à 6,75 % (taux directeur auquel les banques empruntent à court terme auprès de la banque centrale). L’inflation globale (headline inflation : inflation totale) de mars, à 5,1 %, reste nettement au-dessus de l’objectif de 4 % de la RBI, ce qui laisse peu de marge pour un ton plus souple. En conséquence, les intervenants sur swaps (swap traders : opérateurs sur ces contrats de taux) doivent s’attendre à un discours restrictif (hawkish : favorable à des taux plus élevés pour lutter contre l’inflation) lors des prochaines réunions du comité de politique monétaire.Résilience de la croissance et implications de politique monétaire
L’argument d’une politique plus restrictive est renforcé par la vigueur inattendue de l’économie réelle. Le PMI manufacturier de mars ressort à 58,5, un niveau élevé, indiquant que l’économie peut absorber un coût du crédit plus important sans ralentissement marqué. Cette résistance signifie qu’il ne faut pas anticiper, à court terme, un changement de cap accommodant (dovish pivot : passage à une politique plus favorable à des baisses de taux). En revenant sur les projections 2022-2023, la tendance structurelle à la faiblesse de la roupie s’est matérialisée, l’INR évoluant désormais près de 84,50 face au dollar. Cette baisse s’explique par un dollar fort au niveau mondial et des sorties de capitaux de portefeuille continues, même si modérées, des actifs indiens. Les opérateurs sur produits dérivés peuvent envisager des options (options : contrats donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre à un prix fixé) pour se couvrir contre une volatilité accrue, les interventions de la RBI visant surtout à lisser le mouvement plutôt qu’à l’inverser.
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