La BCE signale une hausse des risques dans les deux sens
La BCE a indiqué que les données récentes correspondaient globalement aux attentes. Elle a averti que les risques de hausse de l’inflation et les risques de baisse de la croissance ont augmenté, en lien avec la hausse des prix de l’énergie et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La BCE a répété qu’elle décidera en fonction des données, réunion après réunion, sans s’engager sur une trajectoire précise des taux (c’est-à-dire un calendrier de hausses ou de baisses). Elle a précisé que les anticipations d’inflation à long terme restent « ancrées » (stables), tandis que les attentes à court terme ont augmenté. Au Japon, la ministre des Finances Satsuki Katayama a déclaré qu’une action « décisive » sur le marché des changes se rapproche. Cette déclaration intervient alors que l’USD/JPY est passé au-dessus de 160,00, ce qui renforce l’idée d’une possible action officielle (intervention : achat ou vente de yens par l’État via la banque centrale pour influencer le taux de change). La hausse des prix du pétrole a aussi pesé sur les perspectives du Japon, importateur d’énergie. Cela a limité le soutien au yen malgré ces avertissements.Le risque d’intervention domine les échanges à court terme
Les indicateurs de la zone euro ont été contrastés, avec un PIB allemand en hausse de 0,3% au T1 et un taux de chômage à 6,4%. L’IPCH de la zone euro (indice des prix harmonisé, la mesure officielle de l’inflation) a progressé de 3% sur un an en avril. L’attention s’est ensuite portée sur la conférence de presse de la présidente de la BCE, Christine Lagarde. Le document a été corrigé à 13h05 GMT pour indiquer que l’EUR/JPY évoluait autour de 183,60, et non 186,60. Les signaux contradictoires de la BCE et des autorités japonaises alimentent une forte incertitude, rendant les paris directionnels sur l’EUR/JPY très risqués. Le repli depuis au-delà de 187,50 pourrait se poursuivre, avec des mouvements brusques et difficiles à anticiper. La réponse la plus prudente à court terme est de réduire les positions acheteuses nettes (positions « longues », qui profitent d’une hausse) et de se préparer à une hausse de la volatilité (amplitude des variations de prix). Dans ce contexte, il peut être préférable d’utiliser des options plutôt que d’acheter ou vendre la devise au comptant (marché « spot », livraison rapide au prix du moment). La volatilité implicite à un mois sur l’EUR/JPY (volatilité anticipée par le marché, déduite du prix des options) est passée d’environ 8,5% à plus de 12% ces dernières semaines, signe que le marché anticipe un mouvement important. Il est possible d’envisager des straddles ou des strangles (stratégies d’options visant à profiter d’un grand mouvement, à la hausse ou à la baisse : achat simultané d’un call et d’un put, avec même prix d’exercice pour le straddle, différents pour le strangle). Les avertissements de Tokyo deviennent très sérieux, rappelant 2022 lorsque les autorités étaient intervenues pour soutenir le yen après le passage de l’USD/JPY au-dessus de 150. Le seuil évoqué se situant désormais autour de 160 sur l’USD/JPY, la probabilité d’une intervention directe est au plus haut depuis des années, ce qui rend possible un renforcement soudain du yen. Pour se protéger, on peut envisager l’achat de puts EUR/JPY en dehors de la monnaie (options de vente avec un prix d’exercice éloigné du cours actuel, moins chères mais nécessitant un mouvement marqué). À l’inverse, la BCE est prise entre une inflation en hausse, à 3% pour la zone euro, et une croissance qui s’essouffle, illustrée par la hausse du chômage en Allemagne à 6,4%. Cette hésitation signifie qu’une surprise sur les prochains chiffres d’inflation pourrait forcer un durcissement du ton (« pivot hawkish » : communication plus favorable à une hausse des taux), poussant l’euro à la hausse. Cela peut justifier une exposition à la hausse via des calls (options d’achat), tout en se couvrant contre le risque de baisse. Le marché des options reflète cette tension : le « skew » (asymétrie des prix des options selon les prix d’exercice, qui montre quelles protections sont les plus demandées) indique une prime croissante pour les puts par rapport aux calls. Cela suggère que le marché craint davantage une chute liée à une intervention japonaise qu’un rallye déclenché par la BCE. On peut en tirer parti via des « put spreads » (achat d’un put et vente d’un autre put à un prix d’exercice plus bas, pour réduire le coût tout en plafonnant le gain et en encadrant le risque). Créez votre compte VT Markets en réel et commencez à trader dès maintenant.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets