L’inflation à Tokyo ralentit encore
L’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation) de Tokyo hors produits frais pour avril a été plus faible que prévu. L’inflation a ralenti à 1,5% sur un an, contre 1,7% en mars, alors que le marché attendait 1,8%. La livre sterling a progressé face à la plupart des grandes devises en Asie, sauf face au dollar canadien. Ce mouvement a suivi des commentaires selon lesquels la Banque d’Angleterre pourrait relever ses taux si le choc d’offre énergétique (hausse des prix liée à des contraintes d’approvisionnement) se prolonge. Jeudi, la Banque d’Angleterre a maintenu ses taux à 3,75%. Le gouverneur Andrew Bailey a déclaré que la Banque préfère agir tôt plutôt que d’attendre des effets de second tour (quand une hausse des prix, par exemple de l’énergie, se transmet ensuite aux salaires et à d’autres prix, rendant l’inflation plus durable). On observe le schéma classique d’une intervention qui s’essouffle: le GBP/JPY revient vers 214,00. Le rebond du yen a été bref car l’intervention n’est pas appuyée par la politique monétaire (réglage des taux d’intérêt et des conditions de crédit) de la banque centrale. C’est un scénario déjà vu lors des interventions de grande ampleur — et temporaires — de 2022.L’écart de politique monétaire alimente la volatilité
Le problème de fond pour le yen est la faiblesse de l’inflation au Japon, avec un CPI de Tokyo en avril retombé à 1,5%. Cela complique une hausse significative des taux par la Banque du Japon, même après la fin des taux négatifs en mars 2024 (taux directeurs en dessous de zéro, qui pénalisent l’épargne et visent à stimuler l’activité). Le ministère des Finances intervient donc sans soutien complet des taux d’intérêt, ce qui réduit l’efficacité de l’action. À l’inverse, le message de la Banque d’Angleterre est clair et soutient la livre. Avec une inflation britannique à 3,2% en mars 2024, toujours au-dessus de l’objectif de 2%, les signaux de possibles hausses de taux paraissent crédibles. Cela élargit l’écart de taux d’intérêt entre le Royaume-Uni et le Japon, rendant intéressant de détenir des livres et de vendre des yens. Pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici une paire de devises), cette opposition entre risque d’intervention et écart durable de politique monétaire peut provoquer une forte volatilité (variations rapides et importantes des prix). Il faut donc s’attendre à des mouvements brusques sur le GBP/JPY. Malgré ces à-coups, la tendance de fond reste haussière pour le GBP/JPY. Le « carry trade » (stratégie consistant à emprunter dans une devise à faible taux et à investir dans une devise à taux plus élevé pour profiter de l’écart) continue d’attirer des capitaux vers la livre. Toute hausse temporaire du yen liée à de nouvelles interventions japonaises pourrait donc offrir un niveau d’entrée plus favorable pour des positions acheteuses sur la paire. En 2022, le Japon avait dépensé un record de 9.790 milliards de yens pour soutenir sa monnaie, mais l’effet n’avait pas duré. Le marché revient généralement aux fondamentaux de taux d’intérêt, favorables à un GBP/JPY plus élevé. Une approche possible consiste à vendre des options de vente « hors de la monnaie » (put out-of-the-money: option qui ne vaut rien si le cours reste au-dessus d’un certain niveau) afin d’encaisser une prime (revenu perçu à la vente de l’option) tout en se positionnant sur un biais haussier.
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