Sortie des Émirats arabes unis de l’Opep
Les Émirats arabes unis doivent quitter l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) le 1er mai. Cette décision fait suite à plusieurs semaines d’attaques de missiles et de drones contre les Émirats, attribuées à l’Iran, également membre de l’Opep. Les inquiétudes sur l’offre de pétrole ont persisté alors que le détroit d’Ormuz restait fermé. Le détroit d’Ormuz est un passage maritime clé par lequel transite une part importante du pétrole mondial. Reuters a indiqué mercredi que Donald Trump devait être briefé jeudi sur des plans de frappes militaires contre l’Iran, visant à le pousser à reprendre des discussions sur son programme nucléaire. Un responsable iranien a déclaré jeudi que l’Iran répondrait par des « frappes longues et douloureuses » contre des positions américaines si des attaques reprenaient. Ces événements ont accru le risque de perturbation de l’offre, ce qui a soutenu les prix malgré la vigueur du dollar. Il y a un an, le marché était dominé par la crainte d’un conflit majeur avec l’Iran, maintenant les prix du pétrole nettement au-dessus de 102 $ le baril. La fermeture du détroit d’Ormuz et la sortie des Émirats de l’Opep ont créé une prime de risque importante (un supplément de prix lié à l’incertitude) qui a soutenu les cours. Cela a été compensé par un dollar fort, la Fed signalant une politique restrictive contre l’inflation (c’est-à-dire des taux élevés pour freiner la hausse des prix).L’attention du marché se tourne vers les statistiques
Aujourd’hui, la situation a fortement changé, avec un WTI nettement plus bas, autour de 79 $ le baril. La peur immédiate d’une forte perturbation de l’offre liée à une guerre avec l’Iran s’est atténuée, même si des tensions restent dans la région. La politique de la Fed est devenue un facteur plus déterminant, avec des taux d’intérêt désormais dans une fourchette de 5,25 % à 5,50 %, ce qui continue de soutenir le dollar. La prime de guerre observée sur le marché en 2025 a en grande partie disparu des prix. Il faut donc privilégier les données économiques de base (demande mondiale, stocks) plutôt que les titres géopolitiques. Par exemple, l’attention porte sur les chiffres hebdomadaires d’approvisionnement, qui montrent actuellement des stocks confortables aux États-Unis. Le dernier rapport de l’EIA (Energy Information Administration, l’agence américaine qui publie les statistiques officielles sur l’énergie) a indiqué une hausse des stocks de pétrole brut de 2,7 millions de barils, réduisant les craintes de tension immédiate sur l’offre. Ce type de donnée est désormais le principal moteur des variations de prix à court terme. Avec la baisse des tensions, la volatilité implicite des options sur le pétrole est inférieure à celle d’il y a un an. La volatilité implicite est une mesure, intégrée dans le prix des options (des contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé), des fluctuations attendues du marché. Des options moins chères peuvent servir à se couvrir (réduire un risque) ou à parier sur des mouvements de prix. Pour la suite, le facteur clé n’est plus le conflit, mais la politique des banques centrales et son effet sur la croissance. Les investisseurs suivent les données d’inflation et d’emploi pour anticiper quand la Fed pourrait baisser ses taux, ce qui affaiblirait probablement le dollar et soutiendrait les prix du pétrole.
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