Prix de l’énergie et inflation par les coûts
Les marchés ont peu réagi à ces commentaires sur l’euro. Au moment de la publication, l’EUR/USD progressait de 0,2% autour de 1,1755, dans un contexte de faiblesse du dollar américain. Nous suivons de près la manière dont la hausse des prix de l’énergie crée une inflation par les coûts dans la production, le transport et les services. L’estimation rapide de l’inflation en zone euro pour avril 2026 (première publication, basée sur des données partielles) a surpris à la hausse à 2,8%, montrant que ces pressions restent fortes. Cela remet au premier plan les effets indirects qui se propagent à l’ensemble de l’économie. En 2025, la forte volatilité (variations rapides et importantes des prix) a montré que les chocs sur les prix de l’énergie peuvent durer. Aujourd’hui, avec les contrats à terme (produits financiers permettant de fixer un prix pour une date future) sur le gaz naturel néerlandais TTF (principal prix de référence du gaz en Europe) en hausse de plus de 15% sur un mois, ces craintes redeviennent concrètes. Ces coûts plus élevés des intrants (énergie et matières premières utilisées pour produire) se répercutent désormais sur les prix des biens et services finaux. Le risque d’effets de second tour via les salaires, auparavant plus lointain, est désormais au centre de l’attention. Les données du premier trimestre 2026 montrent une accélération des hausses salariales négociées à 4,2%, ce qui accentue la pression sur l’inflation sous-jacente (inflation hors énergie et produits alimentaires, plus stable). Il faut maintenant surveiller de près les anticipations d’inflation pour tout signe de désancrage par rapport à la cible de la banque centrale.Implications de marché pour les taux et le change
Pour les opérateurs sur dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif comme les taux), cela suggère de se préparer à une BCE plus « faucon » (plus encline à relever les taux pour combattre l’inflation) dans les prochaines semaines. Cela peut passer par le fait de payer un taux fixe sur des swaps de taux en euros de maturité courte (contrats d’échange de taux: on paie un taux fixe et on reçoit un taux variable) ou par l’achat d’options d’achat (call, droit d’acheter à un prix donné) sur des futures EURIBOR (contrats à terme liés au taux EURIBOR, taux de référence du marché monétaire en euros) afin de se couvrir ou de parier sur des taux plus élevés. Le marché intègre désormais plus de 80% de probabilité d’une hausse de taux lors de la réunion de septembre 2026, un retournement marqué par rapport à il y a un mois. Ce contexte crée aussi des opportunités sur les options de change (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre une devise à un prix fixé), car les anticipations de politique monétaire pour la BCE évoluent plus vite que pour d’autres banques centrales. Nous voyons un intérêt à se positionner sur un euro plus fort face à des devises dont la politique monétaire est plus neutre (ni clairement restrictive ni accommodante). Des options d’achat longues sur EUR/USD peuvent offrir une approche à risque limité pour profiter de cette divergence (écart de trajectoires de taux).
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