Risques dans le détroit d’Ormuz
L’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont tenu une réunion virtuelle pour faire le point sur le marché pétrolier mondial. Ils ont accepté un ajustement de production de 188.000 barils par jour en juin 2026, lié à l’allègement des réductions volontaires supplémentaires annoncées en avril 2023. Le groupe a indiqué qu’il conserverait la liberté d’ajuster ses niveaux de production, y compris en annulant des réductions décidées en novembre 2023. Il a aussi réaffirmé son engagement en faveur de la stabilité du marché, du respect total de la Déclaration de coopération (l’accord de coordination entre pays producteurs) et de mesures de compensation en cas de production au-delà des objectifs depuis janvier 2024. Le Brent s’échangeait au-dessus de 108 dollars et le WTI au-dessus de 102 dollars. Les données macroéconomiques américaines sont analysées en parallèle des mouvements du pétrole. Le marché pétrolier est dans un rapport de force classique, ce qui provoque de fortes variations de prix. Avec le Brent au-dessus de 108 dollars, l’OVX — indice de volatilité du pétrole (mesure des anticipations de fortes variations de prix) — reste élevé, près de 45, signe que les intervenants s’attendent à une volatilité accrue dans les prochaines semaines. Dans ce contexte, l’ampleur des mouvements paraît plus probable que leur direction. Le risque géopolitique dans le détroit d’Ormuz est majeur: ce passage étroit («goulet d’étranglement») assure habituellement près de 20% de la consommation mondiale quotidienne de pétrole. Le flux actuel d’environ cinq navires par jour est très inférieur à la normale, ce qui augmente le risque d’une flambée des prix en cas de nouvelle escalade. Les attaques de drones contre des installations saoudiennes en 2019 avaient entraîné la plus forte hausse quotidienne des prix en 30 ans, illustrant ce risque de hausse.Plans d’offre de l’Opep+
À l’inverse, le plan de l’Opep+ d’ajouter 188.000 barils par jour en juin est un signal, mais pas une ouverture massive des vannes. Cette hausse programmée reste faible comparée aux plus de 2 millions de barils par jour de réductions volontaires maintenues en 2024 et 2025. L’accent mis sur une «approche prudente» suggère un soutien aux prix: le groupe pourrait rapidement revenir en arrière si la demande faiblit. Pour les intervenants de marché, cela plaide davantage pour se positionner sur la volatilité que pour parier uniquement sur une hausse ou une baisse. Des stratégies d’options comme l’achat de straddles ou de strangles — positions visant à profiter d’un fort mouvement de prix dans un sens ou dans l’autre — peuvent convenir face au risque de rupture d’approvisionnement ou, au contraire, de désescalade diplomatique. Les positions sur contrats à terme (futures), c’est-à-dire des engagements d’achat/vente à une date future, devraient être protégées par des stop-loss très serrés (ordres de clôture automatique pour limiter les pertes), un marché très réactif aux titres d’actualité. Cette semaine, les données de stocks de l’Energy Information Administration (EIA), l’agence américaine qui publie les statistiques officielles, seront déterminantes. Dans un marché tendu, une baisse inattendue des stocks de brut américains (un «déstockage») pousserait probablement les prix nettement à la hausse, en renforçant les craintes sur l’offre. À l’inverse, une hausse marquée des stocks (un «stockage») pourrait apporter un répit temporaire et mettre à l’épreuve les investisseurs haussiers.
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