Les marchés réagissent à la montée du risque régional
Des sources de CNN à Dubaï ont déclaré s’attendre à des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran dans les prochaines 24 heures. Un amiral américain a affirmé que l’Iran avait visé des navires commerciaux et des bâtiments de l’armée américaine avec des missiles de croisière (missiles guidés capables de voler à basse altitude sur une longue distance). Il a aussi indiqué que six petites embarcations iraniennes avaient été détruites alors qu’elles tentaient de perturber le trafic maritime commercial. Les médias iraniens ont affirmé qu’un navire américain avait été touché, tandis qu’Axios citait un responsable américain assurant qu’aucune attaque n’avait eu lieu. La marine des Gardiens de la Révolution (force militaire iranienne chargée notamment des opérations dans le Golfe) a publié une carte montrant des zones de contrôle élargies près du détroit d’Ormuz, incluant Fujairah et Khorfakkan, ainsi que la côte d’Umm Al Quwain. Le président Donald Trump a annoncé l’« Operation Freedom » pour protéger le transport maritime commercial dans le détroit d’Ormuz. La Corée du Sud a signalé un incendie et une explosion à bord d’un navire, et les EAU ont accusé l’Iran d’avoir utilisé des drones pour attaquer un navire d’ADNOC (compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi) dans le détroit. Les EAU ont déclaré qu’ils quitteraient l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole, cartel visant à coordonner la production) et produiraient sans restrictions. Les commandes industrielles aux États-Unis ont progressé de 1,5% sur un mois en mars, au-dessus des 0,5% attendus et des 0,3% de février. Sur le plan technique, le WTI gardait un biais haussier, avec un RSI (indice de force relative, indicateur de momentum mesurant la vitesse des variations de prix) supérieur à 50 et une figure d’« englobante haussière » (bougie indiquant un retournement possible à la hausse après une baisse). Les niveaux cités étaient 103,86, 104,00, 107,35 et 108,00 à la hausse, et 100,00 puis la moyenne mobile simple à 50 jours (SMA, moyenne des cours sur 50 séances) à 89,65 à la baisse.Contexte et principaux moteurs
Nous nous souvenons des événements de l’an dernier, lorsque les tensions au Moyen-Orient avaient provoqué une envolée du brut WTI au-delà de 102 dollars le baril. Le conflit, marqué par des attaques iraniennes contre les EAU et des opérations navales américaines dans le détroit d’Ormuz, avait ajouté une prime de risque (surcote de prix liée à l’incertitude) au marché. La sortie des EAU de l’OPEP avait aussi renforcé l’incertitude sur la coordination de l’offre mondiale. Au 5 mai 2026, le WTI se traite plus près de 95 dollars le baril, signe d’un apaisement partiel des craintes immédiates sur l’offre. Toutefois, le dernier rapport de l’EIA (agence américaine de l’énergie) a fait état d’une hausse inattendue des stocks de brut américains de 2,1 millions de barils, alors que le marché anticipait une baisse. Cela suggère un essoufflement de la demande à court terme, ce qui pèse sur les prix malgré les risques géopolitiques. Le détroit d’Ormuz, point névralgique de l’« Operation Freedom », reste une zone de tension, avec des primes d’assurance maritime encore élevées par rapport aux niveaux d’avant 2025. Même si les affrontements directs ont diminué, les zones de contrôle iraniennes annoncées l’an dernier impliquent qu’un regain de tensions pourrait à nouveau menacer ce goulet d’étranglement (passage maritime indispensable au commerce mondial de pétrole). Ce risque latent contribue à soutenir les prix. Côté offre, les EAU ont augmenté leur production d’environ 400.000 barils par jour depuis leur départ de l’OPEP, ajoutant du pétrole sur le marché mondial. À l’inverse, l’alliance OPEP+ (OPEP et pays partenaires, dont la Russie) a décidé le mois dernier de maintenir ses réductions de production (coupes destinées à limiter l’offre) jusqu’au troisième trimestre pour soutenir les cours. Le marché est ainsi tiré entre discipline de certains producteurs et stratégie plus indépendante d’autres pays. Aux États-Unis, l’inflation reste élevée à 3,1% et le rapport sur l’emploi a dépassé les attentes, ce qui a porté l’indice du dollar (Dollar Index, mesure de la force du dollar face à un panier de devises) à un plus haut de six mois. Un dollar fort renchérit le pétrole pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, ce qui peut freiner la demande mondiale. Cette contrainte financière s’oppose aux risques d’offre liés au Moyen-Orient. D’un point de vue technique, le marché évolue entre la moyenne mobile à 50 jours à 91,50 dollars, jouant un rôle de support (zone où les achats ont tendance à apparaître), et le seuil psychologique de 100 dollars, faisant office de résistance (zone où les ventes se renforcent souvent). La figure d’« englobante haussière » observée lors du pic de 2025 rappelle la rapidité avec laquelle le sentiment peut basculer au gré des nouvelles géopolitiques. Les opérateurs surveillent une cassure nette de cette zone pour identifier la prochaine direction majeure.
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