Le risque géopolitique soutient la demande de valeur refuge
Ces développements ont maintenu le risque géopolitique à un niveau élevé et soutenu la demande de dollar, utilisé comme monnaie de réserve (devise détenue par les banques centrales et les investisseurs pour sa liquidité et sa sécurité). La hausse du pétrole brut a aussi renforcé les craintes d’inflation (augmentation générale des prix) et alimenté l’idée d’une politique monétaire plus restrictive (taux plus élevés pour freiner l’inflation). L’outil FedWatch du CME Group (indicateur fondé sur les prix des contrats à terme sur taux, qui estime les probabilités de décisions de la Réserve fédérale) évaluait la probabilité d’une hausse des taux de la Fed d’ici la fin de l’année à environ 35%, contre moins de 10% vendredi dernier. Cette évolution a soutenu la trajectoire du DXY. Les marchés se concentraient sur les prochaines statistiques américaines, dont l’ISM Services PMI (enquête d’activité dans les services), les offres d’emploi JOLTS (nombre de postes vacants) et les ventes de logements neufs. Les investisseurs suivaient aussi les interventions de membres du FOMC (comité de la Fed qui décide des taux) et l’évolution au Moyen-Orient, avec le rapport sur l’emploi Nonfarm Payrolls (emplois créés hors agriculture) attendu plus tard dans la semaine.D’une prime géopolitique à un tournant de politique monétaire
Aujourd’hui, le DXY évolue à un niveau nettement plus élevé, autour de 105,50, reflétant une période de force du dollar. Toutefois, les moteurs de cette hausse changent. Si les tensions en Europe de l’Est et en mer de Chine méridionale restent en arrière-plan, l’attention du marché s’éloigne d’un scénario de hausses imminentes des taux de la Fed. Le récit d’inflation qui justifiait une Fed plus « restrictive » en 2025 est désormais brouillé par des signes de ralentissement de la croissance mondiale. FedWatch indique maintenant une probabilité proche de 60% d’une baisse des taux d’ici la fin de l’année, à l’opposé du scénario de hausse. Cela suggère que l’élan haussier du dollar, porté par les écarts de taux d’intérêt (différence de rémunération entre devises, qui attire ou repousse les capitaux), pourrait s’essouffler. Pour les traders sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme des options ou des contrats à terme), cela signifie que la volatilité (ampleur des variations de prix) pourrait être mal évaluée, surtout sur le marché des changes. L’indice VIX du CBOE (baromètre de la volatilité implicite attendue sur le S&P 500, souvent vu comme un indicateur de stress) reste contenu à 17, mais il pourrait ne pas refléter pleinement le risque d’un changement rapide de cap de la Fed plus tard cette année. Une stratégie consiste à acheter des options de vente « hors de la monnaie » sur le DXY (options qui ne valent quelque chose que si le DXY baisse nettement) ou des options d’achat sur l’euro et le yen (qui profitent d’une hausse de ces devises face au dollar) pour se positionner à coût limité sur une correction du dollar. Le pétrole brut reste un facteur, le WTI (référence du pétrole américain) se stabilisant autour de 85 dollars le baril, ce qui maintient une pression inflationniste de base. Mais cela ne suffirait plus, à lui seul, à pousser la Fed à relever ses taux. Les investisseurs devraient donc surveiller les prochaines données, dont les Nonfarm Payrolls, non pas seulement pour détecter une hausse des salaires, mais surtout pour repérer un refroidissement du marché du travail, qui donnerait davantage de marge à la Fed pour baisser les taux.
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