Signaux de politique monétaire et risques d’inflation
La Banque a indiqué qu’elle suivra les données et l’évolution des risques, en relevant un marché du travail encore tendu (peu de main-d’œuvre disponible) et des enquêtes de confiance en baisse, mais seulement faiblement liées à l’activité. Elle a averti d’éventuelles pénuries physiques de produits pétroliers et jugé que la hausse du carburant pourrait se diffuser aux prix d’un plus large éventail de biens et services, certaines entreprises n’ayant pas encore répercuté la hausse de leurs coûts. Les prévisions incluent un PIB (produit intérieur brut, mesure de l’activité) de 1,9% au T2, 1,3% au T2 2027 et 1,4% au T2 2028, avec un chômage à 4,2% au T2 et 4,7% d’ici le T2 2028. L’IPC (indice des prix à la consommation) est attendu à 4,8% au T2, 4,0% au T4, 2,4% au T2 2027 et 2,5% au T2 2028. L’inflation « trimmed mean » (inflation sous-jacente, qui écarte les variations de prix les plus extrêmes pour mieux refléter la tendance) est vue à 3,8% au T2, 3,5% au T4, 3,1% au T2 2027 et 2,5% au T2 2028. Les prix de marché mentionnaient encore 60 points de base de resserrement (durcissement monétaire, via des hausses de taux) vers 4,7%, avec un Brent (référence du prix du pétrole) attendu à 82,3 dollars en fin d’année et 75,7 dollars fin 2027. Après la décision, l’AUD/USD reculait de 0,06% à 0,7162.Implications pour le trading sur le FX et les taux
Sur l’AUD/USD, la situation crée un rapport de force entre une banque centrale ferme (« hawkish », c’est-à-dire plus encline à relever les taux pour combattre l’inflation) et l’aversion au risque mondiale, qui pousse les capitaux vers le dollar américain. La paire pourrait donc rester en range (évoluer dans une fourchette), possiblement entre 0,7090 et 0,7270 à court terme. Des stratégies d’options vendant la volatilité (chercher à profiter d’une volatilité future plus faible) peuvent fonctionner tant qu’il n’y a pas d’escalade majeure du conflit au Moyen-Orient. Le principal moteur de la politique de la RBA devient le prix du pétrole, directement lié à la guerre. Avec un Brent passé au-dessus de 95 dollars le baril ces derniers mois, un niveau inédit depuis fin 2024, tout mouvement durable vers 100 dollars pousserait la RBA à agir. Les positions sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme les options ou contrats à terme) doivent donc être sensibles aux variations du pétrole, qui constituent le signal avancé le plus clair pour les prochaines décisions de taux. Les propres projections de la RBA suggèrent un ralentissement, avec une croissance du PIB qui faiblit et un chômage attendu à 4,7% d’ici 2028. Cette tension entre lutte contre l’inflation et croissance plus faible suggère une poursuite de l’aplatissement de la courbe des taux australienne (écart réduit entre taux courts et taux longs). Cela peut se traduire par des rendements obligataires à court terme (par exemple 2 ans) qui restent élevés, tandis que les rendements à long terme (10 ans) pourraient reculer sur des craintes de récession (baisse généralisée de l’activité).
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