Semaine à venir : Goolsbee souligne le débat au sein de la Fed sur l’impact de la productivité sur l’inflation, alors que les marchés se préparent à un pic de volatilité

by VT Markets
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May 7, 2026
Austan Goolsbee, président de la Réserve fédérale de Chicago, s’est exprimé mercredi lors de la conférence mondiale 2026 du Milken Institute, en Californie. Il a indiqué que la Réserve fédérale continue de débattre de la manière dont la hausse de la productivité influence l’inflation (augmentation générale des prix). Il a précisé que si les ménages s’attendent à des gains futurs de revenu et de patrimoine (valeur totale de ce qu’ils possèdent) grâce à une productivité plus élevée, ils peuvent augmenter leurs dépenses. Cela peut pousser les prix à la hausse.

Débat sur la productivité et l’inflation

Il a ajouté que la productivité (capacité à produire plus avec la même quantité de travail et de capital) peut influencer l’inflation et les taux d’intérêt (coût du crédit) dans un sens comme dans l’autre. Le résultat dépend de l’évolution de ces forces. Le débat interne de la Fed sur le fait qu’une productivité en hausse va alimenter ou freiner l’inflation crée une forte incertitude pour les marchés. Au 1er trimestre 2026, la productivité hors agriculture (mesure de l’efficacité dans l’économie hors secteur agricole) a bondi de 3,5% en rythme annualisé (rythme recalculé comme si la tendance se prolongeait sur un an). Pourtant, l’indice des prix à la consommation (CPI, indicateur de l’inflation) d’avril est resté élevé à 3,1%, rendant la prochaine décision de la Fed difficile à anticiper. Dans ce contexte, les prochaines publications, notamment sur l’inflation et l’emploi, pourraient provoquer des réactions de marché plus fortes qu’à l’habitude. Cette incertitude devrait accroître la volatilité (ampleur des variations des cours). L’indice VIX du CBOE (baromètre de la volatilité attendue sur le S&P 500) évolue autour de 17 et pourrait dépasser 20 à mesure que les intervenants ajustent leurs positions avant la prochaine réunion de la Fed. Pour les opérateurs sur dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif), acheter des options d’achat sur le VIX (droit d’acheter à un prix fixé à l’avance) ou utiliser d’autres stratégies dites « longues volatilité » (qui gagnent lorsque les mouvements de marché s’amplifient) peut permettre de profiter d’un regain d’agitation. Les marchés de dérivés de taux reflètent cette hésitation : les contrats à terme sur les Fed funds (paris de marché sur le niveau futur du taux directeur) suggèrent des probabilités proches entre statu quo et hausse des taux d’ici la fin de l’été. Une approche plus prudente consiste à utiliser des options qui profitent d’un mouvement important dans un sens ou dans l’autre, comme un straddle ou un strangle (stratégies combinant options d’achat et de vente pour miser sur un fort mouvement sans choisir la direction) sur des contrats à terme SOFR (taux de référence à court terme fondé sur le marché des pensions livrées, utilisé comme base pour de nombreux produits de taux). Cela permet d’être gagnant si la Fed doit relever ses taux pour combattre l’inflation, ou si elle les maintient car la productivité limite la hausse des prix.

Stratégies de couverture de marché

Côté actions, les deux scénarios possibles peuvent entraîner des trajectoires très différentes pour la performance boursière. Entre 2022 et 2024, les marchés ont montré une forte sensibilité aux changements d’orientation de la Fed. Couvrir un portefeuille acheteur (exposé à la hausse des actions) avec des options de vente hors de la monnaie (puts dont le prix d’exercice est en dessous du cours actuel, moins chères) sur des indices comme le S&P 500 revient à une assurance contre une décision plus restrictive que prévu (politique « hawkish », c’est-à-dire plus favorable à des taux élevés) dans les prochaines semaines. À la fin des années 1990, un boom de productivité a pu se produire sans dérapage de l’inflation, mais les chocs sur les chaînes d’approvisionnement de 2022 ont montré l’inverse. Les dernières données de salaires, à 4,2% en rythme annuel, renforcent l’idée qu’une partie des gains de productivité se transforme aujourd’hui en demande plus forte et en pressions sur les prix. Le risque penche donc vers un scénario plus inflationniste que ce que le marché intègre peut-être.

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