Perspectives de la demande avant le conflit
Après la guerre en Iran, les prix de l’énergie ont augmenté et l’incertitude s’est renforcée, ce qui a pesé sur le moral des entreprises (la confiance des dirigeants et leurs intentions d’investissement). Tant que le conflit se poursuit et que le détroit d’Ormuz reste fermé (un point de passage clé pour le pétrole et le gaz), la demande de biens industriels pourrait s’affaiblir. Les commandes devraient se dégrader dans les prochains mois. Un léger recul du PIB (la production totale de l’économie) est possible au T2 2026, après une croissance autour du tournant 2025/26. La hausse de 5,1 % des commandes industrielles hors éléments volatils en mars n’est plus le sujet. Avec l’escalade au Moyen‑Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, il faut passer d’un optimisme prudent à une approche défensive, orientée baisse. Les principaux risques à court terme sont un net ralentissement de l’activité et une hausse de la volatilité des marchés (des variations rapides et marquées des prix). Nous voyons un risque de baisse important sur le DAX, l’indice boursier allemand, très exposé aux exportateurs industriels sensibles à la demande mondiale et au coût de l’énergie. En 2022, un choc géopolitique et énergétique comparable avait entraîné une chute marquée de l’indice en quelques semaines. L’achat d’options de vente (« puts », instruments qui gagnent de la valeur quand le marché baisse) sur le DAX, ou la vente de contrats à terme (« futures », engagement d’acheter ou de vendre plus tard à un prix fixé) est une façon directe de se positionner en vue du repli attendu au T2.Se positionner face à une volatilité plus élevée
Cette « incertitude en forte hausse » suggère un pic de volatilité. À la date du 7 mai 2026, la volatilité implicite (le niveau de mouvements de marché anticipé et intégré dans le prix des options) sur les actions allemandes pourrait sous‑évaluer le risque de perturbations des chaînes d’approvisionnement et d’un recul du PIB au T2. Il peut être pertinent d’acheter des instruments liés à la volatilité, comme les contrats à terme sur le VDAX‑NEW (indice de volatilité du marché actions allemand), pour se protéger et bénéficier de mouvements brusques. Une récession en Allemagne, première économie de la zone euro, affaiblirait probablement l’euro. Avec une économie américaine sur un autre cycle, cet écart pourrait pousser l’EUR/USD à la baisse, comme en 2022 lorsque les craintes énergétiques avaient rapproché la paire de la parité. Vendre l’euro contre le dollar est une position cohérente face à ce risque économique. Il faut aussi repérer les fragilités dans les secteurs très consommateurs d’énergie, comme la chimie, l’automobile et l’industrie lourde. Lors de la précédente crise énergétique, l’indice des prix à la production (PPI, mesure du prix de vente des entreprises avant le consommateur) avait bondi, comprimant les marges industrielles. Les opérateurs peuvent utiliser des options de vente pour viser des entreprises très exposées à une hausse des coûts de l’énergie et fortement dépendantes des exportations.
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