Signaux d’intervention du Japon et réaction du marché
L’USD/JPY a chuté de plus de 400 pips le 30 avril après être passé au-dessus de 160,00. (Un « pip » est une très petite variation de prix sur une paire de devises; sur l’USD/JPY, 1 pip correspond généralement à 0,01 yen.) Reuters a rapporté que le Japon aurait pu dépenser plus de 5 000 milliards de yens (32 milliards de dollars) lors de cette action, et les mouvements de marché suggèrent que des opérations plus modestes auraient pu suivre cette semaine. Les taux d’intérêt très bas de la Banque du Japon et la hausse des prix du pétrole ont été cités comme des facteurs défavorables au yen, avec aussi des inquiétudes sur la situation budgétaire du Japon (niveau de déficit et de dette). Le dollar a été soutenu par la demande de valeur refuge (achat d’actifs jugés plus sûrs quand l’incertitude augmente) alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifiaient. L’attention se portait aussi sur la publication des créations d’emplois américaines hors agriculture (Nonfarm Payrolls) à 12h30 GMT, un indicateur majeur du marché du travail. Les prévisions tablaient sur +62 000 emplois en avril contre +178 000 en mars, tandis qu’un chiffre ADP plus élevé (estimation privée des créations d’emplois) laissait entrevoir une possible surprise à la hausse.Considérations de stratégie en période de forte volatilité
Le point central reste l’écart très important de taux d’intérêt. La Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) a maintenu son taux directeur à 3,0% pour contenir une inflation persistante (hausse générale des prix), récemment mesurée à 3,1% en avril, tandis que la Banque du Japon n’a relevé son taux qu’à 0,25%. Cet écart continue d’encourager le « carry trade » : emprunter dans une monnaie à faible taux (le yen) pour acheter une monnaie mieux rémunérée (le dollar). Cette stratégie peut rapporter, mais elle devient risquée si le yen se renforce brusquement. Le souvenir des chutes soudaines de 400 pips maintient une volatilité implicite élevée sur les options USD/JPY. (La « volatilité implicite » est l’ampleur des variations attendues par le marché, déduite du prix des options.) Selon les prix actuels, la volatilité à un mois se situe autour de 12%, soit nettement plus que sur d’autres grandes paires. Cela montre que le marché intègre en permanence le risque d’un mouvement surprise venu de Tokyo, ce qui rend les positions acheteuses « au comptant » (détention directe de la paire, sans option) plus exposées. Dans ce contexte, une approche prudente consiste à utiliser des produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif comme une devise) pour encadrer le risque d’intervention. Acheter des options d’achat (call) USD/JPY à échéance plus longue peut permettre de profiter de la faiblesse du yen, tout en limitant strictement la perte au prix payé pour l’option (la prime) si les autorités provoquent un retournement. Pour ceux qui sont déjà positionnés à l’achat, couvrir ce risque extrême (« tail risk », c’est-à-dire un événement rare mais potentiellement sévère) est important. Il peut être pertinent d’acheter des options de vente (put) « hors de la monnaie » (prix d’exercice éloigné du prix actuel, donc moins probable mais moins cher à l’achat) comme assurance contre une baisse rapide. Leur coût est plus élevé à cause de la volatilité, mais elles protègent le capital contre ce type de choc.
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