Des chiffres de croissance au-dessus des attentes
En mars, la production industrielle (ensemble de l’activité des usines, de l’énergie et des industries extractives) a reculé de 0,2% sur un mois, tandis que la production manufacturière (activité des usines uniquement) a augmenté de 1,2%. Les deux indicateurs sont meilleurs qu’anticipé. Après la publication, la paire GBP/USD (livre sterling contre dollar) reculait de 0,01% à 1,3520. L’indicateur a été publié à 06h00 GMT. Avant le rapport, les marchés attendaient un PIB du T1 à +0,6% et un PIB de mars à -0,2%. Les prévisions tablaient aussi sur une production manufacturière à -0,2% après -0,1% en février, et une production industrielle à -0,4% après +0,5% en février. La Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu son taux directeur (Bank Rate, principal taux qui influence le coût du crédit) à 3,75% le 30 avril, avec une voix en faveur d’une hausse de 0,25 point (25 points de base, soit 0,25%). L’inflation britannique s’établissait à 3,3% sur un an en mars, et des élections locales ont eu lieu le 7 mai.Une réaction de marché limitée
La hausse de 0,6% du PIB au premier trimestre est déjà intégrée et l’absence de soutien à la livre est parlante. Avec un GBP/USD stable autour de 1,3520, le marché se focalise davantage sur les risques à venir que sur cet indicateur, qui décrit le passé. Cette absence de réaction positive malgré une bonne nouvelle est un signal important. Les éléments dominants restent la guerre en Iran et l’instabilité politique après les élections locales du 7 mai. Les investisseurs exigent une prime de risque plus élevée (rémunération supplémentaire demandée pour détenir des actifs jugés plus incertains) pour détenir des actifs britanniques, et l’écart de rendement entre les gilts britanniques à 10 ans (obligations d’État) et les bunds allemands (obligations d’État allemandes) s’est creusé de plus de 5 points de base (0,05 point de pourcentage) sur la semaine. Cela montre que les risques politiques et géopolitiques prennent le dessus sur la bonne statistique de croissance. Cela place la Banque d’Angleterre dans une position délicate pour sa prochaine réunion. Si l’inflation de mars (3,3%) plaide en théorie pour une posture plus ferme (dite « hawkish », c’est-à-dire orientée vers la lutte contre l’inflation via des taux plus élevés), l’aggravation du conflit et l’incertitude intérieure augmentent le risque d’un net ralentissement plus tard dans l’année. Les swaps d’inflation (contrats financiers qui reflètent les anticipations d’inflation) intègrent désormais une inflation britannique durablement au-dessus de 3% sur les deux prochaines années, ce qui limite fortement la marge de manœuvre de la BoE pour soutenir la croissance. Dans ce contexte, les stratégies pourraient privilégier une livre plus faible dans les prochaines semaines. L’échec sous la résistance à 1,3650 (zone de prix où la hausse a du mal à passer) suggère un biais baissier. On peut envisager l’achat d’options de vente (« put », contrat donnant le droit de vendre à un prix fixé) afin de se couvrir, ou de profiter, d’un possible repli vers le support clé à 1,3450 (zone où le cours a tendance à trouver un plancher).
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