Valorisation du yen et divergences structurelles
Le Japon est présenté comme n’ayant pas bénéficié d’un soutien comparable, le yen affichant au contraire une baisse de long terme. Il s’agit moins d’un simple « manque de hausse » que d’une dépréciation durable. La faiblesse persistante du yen est décrite comme un risque concurrentiel plus important pour les exportateurs de la zone euro que pour les États‑Unis, en raison de la rivalité sur les marchés d’exportation. L’article note que cette concurrence s’est atténuée avec le temps, surtout dans l’automobile, où la Chine a bouleversé les marchés mondiaux. Lors du déplacement à Tokyo du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, l’USD/JPY (taux de change dollar/yen) a de nouveau connu une forte baisse brève. Les marchés surveilleront les chiffres d’intervention de fin de mois (montants de devises achetées ou vendues par l’État pour influencer le taux de change) afin d’évaluer l’action du ministère japonais des Finances, jugée jusqu’ici peu efficace. Le yen reste nettement sous‑évalué et le marché teste de nouveaux plus bas face au dollar. Avec un USD/JPY proche de 170, l’écart de taux d’intérêt entre les États‑Unis et le Japon reste le principal moteur, éclipsant les interventions officielles. Comme en 2024, l’intervention n’apporte qu’un répit temporaire, ce qui rend les à‑coups de court terme (fortes variations rapides des prix) le scénario le plus probable. Dans ce contexte, les intervenants sur les produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un prix sous‑jacent, ici le taux de change) peuvent envisager des options (contrats donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre) pour gérer l’incertitude sur une éventuelle action publique. Acheter des options de vente hors‑la‑monnaie sur l’USD/JPY (puts dont le prix d’exercice est éloigné du niveau actuel) peut être une manière relativement peu coûteuse de se positionner sur une appréciation rapide, même temporaire, du yen si le ministère des Finances agit plus fortement. Des données d’avril 2026 indiquent que le Japon a dépensé près de 9 000 milliards de yens en intervention, un montant important, mais la baisse du yen se poursuit, ce qui suggère que la tendance de fond reste négative.Conséquences des croisements de devises pour l’Europe
L’Europe est plus exposée à cette faiblesse durable du yen que les États‑Unis, ce qui crée des opportunités sur les croisements de devises (paires ne passant pas par le dollar, par exemple EUR/JPY). Les dernières données de la BRI (BIS) montrent le REER du yen à un plus bas de plusieurs décennies, renforçant l’avantage des exportateurs japonais face à leurs concurrents de la zone euro, surtout dans l’automobile. Il faudra donc surveiller d’éventuels signaux d’intervention verbale de la Banque centrale européenne (déclarations destinées à influencer le marché), qui pourraient peser sur la paire EUR/JPY. Parallèlement, la convergence de valorisation entre l’euro et le dollar suggère que l’EUR/USD restera probablement dans une fourchette à court terme (évolution sans tendance claire). Sans déclencheur majeur, comme un écart marqué de leadership technologique américain ou une inflexion nette de la politique européenne de défense, une sortie de range paraît peu probable. Cet environnement favorise des stratégies visant à profiter d’une volatilité faible, comme la vente de strangles (vente simultanée d’une option d’achat et d’une option de vente, à des prix d’exercice différents) ou la mise en place d’iron condors (stratégie d’options combinant ventes et achats pour encadrer le risque), sur l’EUR/USD.
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