Rabobank avertit qu’une perturbation du détroit d’Ormuz ferait grimper les prix du pétrole, l’Europe ne risquant des pénuries qu’en cas de fermeture prolongée

by VT Markets
/
May 15, 2026
Les stratégistes de Rabobank ont utilisé un modèle partiel de la chaîne mondiale d’approvisionnement en pétrole (le trajet du pétrole et des carburants, de l’extraction au transport, au raffinage puis à la distribution) afin d’évaluer le risque de goulots d’étranglement sur les produits raffinés (carburants déjà transformés en raffinerie, comme le kérosène). Ce modèle estime les ajustements nécessaires entre offre et demande, plutôt que de prévoir les stocks réels (les volumes physiquement disponibles dans les dépôts). En cas de perturbation du détroit d’Ormuz jusqu’à trois mois à partir de mars, l’Europe ne devrait pas connaître de pénurie matérielle de produits pétroliers. L’ajustement principal passerait surtout par une hausse des prix.

Implications d’une perturbation à court terme

Si le détroit restait fermé environ un an, les « coussins » de sécurité de l’Europe (stocks de réserve) seraient épuisés. Une baisse de la demande deviendrait alors inévitable, surtout pour le kérosène (carburant d’aviation), le naphta (coupe pétrolière utilisée notamment comme matière première de la pétrochimie) et le fioul (combustible lourd). Les effets varieraient selon les secteurs, l’aviation, la logistique et les industries dépendantes du fret aérien (transport de marchandises par avion) étant les plus exposées. Certaines zones d’Asie et d’Océanie présenteraient un risque de pénurie plus élevé, en raison de faibles stocks, de capacités de raffinage limitées (aptitude à transformer le brut en carburants) et d’une forte dépendance aux approvisionnements du Moyen-Orient. Compte tenu des tensions renouvelées dans le détroit d’Ormuz, le risque d’un choc surtout tiré par les prix sur le marché pétrolier apparaît élevé dans les prochaines semaines. Une fermeture de courte durée, jusqu’à trois mois, ne provoquerait probablement pas de pénuries physiques en Europe, mais ferait monter les prix. Le Brent (référence de prix du pétrole en Europe et sur l’Atlantique Nord) dépassant déjà 95 dollars le baril, le marché commence à intégrer cette hypothèse.

Se positionner face à la volatilité des marchés

Il faut se préparer à une volatilité plus forte. La volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché, déduite des prix des options) sur les options sur le brut, mesurée par l’indice OVX (indice de volatilité du pétrole), a déjà bondi à 45. L’achat d’options d’achat « hors de la monnaie » (options qui ne deviennent profitables que si le prix dépasse un certain niveau) sur des contrats à terme (contrats à prix fixé pour une livraison future) de brut pour le trimestre à venir offre un moyen de profiter d’un possible pic des prix avec un risque plafonné (la perte maximale est la prime payée). Le marché des produits raffinés, surtout le kérosène et le naphta, offre une approche plus ciblée. Le trafic aérien mondial est à des niveaux records cette année, et la demande de kérosène est en hausse d’environ 8% depuis 2025, ce qui rend le marché déjà tendu (peu de marge entre offre et demande). Il peut donc être pertinent de viser des positions haussières sur les contrats à terme de heating oil ou de gazole (carburants distillats moyens, proches du kérosène), car leurs prix évoluent souvent ensemble. Si l’on estime que la perturbation peut durer au-delà de trois mois, la stratégie doit intégrer le risque de pénuries physiques. Une fermeture d’un an épuiserait les réserves européennes, déjà sous leur moyenne sur cinq ans selon les données récentes d’Euroilstock (organisme qui compile les statistiques de stocks pétroliers en Europe). Dans ce scénario, des positions baissières sur des secteurs très dépendants du fret aérien et des voyages, comme certaines entreprises de technologie et de logistique, peuvent servir de couverture (position destinée à compenser des pertes ailleurs). Les attaques contre des pétroliers (navires transportant du pétrole) en 2019 donnent un point de comparaison, mais le marché paraît aujourd’hui plus fragile. À l’époque, une hausse d’environ 20% des prix du pétrole s’était vite résorbée car les stocks mondiaux étaient plus élevés. Après les baisses de stocks observées jusqu’en 2025, le système dispose de moins de marges pour absorber un choc durable, ce qui suggère une réaction des prix plus persistante. L’analyse souligne aussi un risque plus élevé pour certaines zones d’Asie, pouvant créer des opportunités d’arbitrage (profiter d’un écart de prix entre deux marchés). Il convient de surveiller l’écart de prix entre les références Brent et Dubai (référence de prix du brut au Moyen-Orient/Asie). Une fermeture prolongée d’Ormuz ferait probablement fortement augmenter cet écart, ce qui profiterait aux opérateurs positionnés sur une surperformance relative du brut du bassin Atlantique (pétroles échangés surtout sur l’Atlantique, dont le Brent).

Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets

see more

Back To Top
server

Bonjour 👋

Comment puis-je vous aider ?

Discutez immédiatement avec notre équipe

Chat en direct

Démarrez une conversation en direct via...

  • Telegram
    hold En attente
  • Bientôt disponible...

Bonjour 👋

Comment puis-je vous aider ?

Telegram

Scannez le code QR avec votre smartphone pour démarrer un chat avec nous, ou cliquez ici.

Vous n’avez pas l’application ou la version de bureau de Telegram installée ? Utilisez plutôt Telegram Web .

QR code
?>