Géopolitique du pétrole et risques d’inflation
Le pétrole a progressé après que le président américain Donald Trump a déclaré perdre patience avec l’Iran, alimentant l’hypothèse d’une reprise des combats. Les chiffres d’inflation américains publiés plus tôt dans la semaine ont réduit les attentes d’un assouplissement de la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis). Selon Prime Terminal (un service de données de marché), la Fed devrait laisser ses taux inchangés en juin et jusqu’à la fin de l’année, sous la présidence de Kevin Warsh. Les responsables de la Fed gardent aussi l’option de nouvelles hausses si l’inflation reste élevée. La production industrielle a augmenté de 0,7% sur un mois en avril, au-dessus des 0,3% attendus, après une baisse de 0,3% en mars. La semaine prochaine, les États-Unis publieront des indicateurs de logement et d’emploi, ainsi que des déclarations de responsables de la Fed. Sur le plan technique, l’or évolue autour de 4.500–4.650 $, avec un RSI en baisse (RSI : indicateur d’analyse technique qui mesure la force du mouvement des prix, souvent interprété comme “surachat/survente”). Les supports (zones où le prix peut être freiné à la baisse) se situent à 4.500 $, 4.351 $ et sur la moyenne mobile simple à 200 jours (SMA 200 : moyenne des prix sur 200 séances, utilisée pour repérer la tendance) à 4.322 $. Les résistances (zones où la hausse peut buter) se trouvent à 4.600 $, sur la SMA 20 jours (moyenne sur 20 séances) à 4.662 $, puis 4.700 $, 4.729 $, 4.785 $ et 4.800 $. Les banques centrales ont ajouté 1.136 tonnes d’or, pour une valeur d’environ 70 milliards de dollars, en 2022, soit un record annuel. L’or évolue souvent à l’inverse du dollar et des bons du Trésor américain, et a tendance à reculer lorsque les taux d’intérêt montent.Parallèles historiques et “mode d’emploi” des marchés
Un schéma déjà vu refait surface, rappelant le choc inflationniste de 2025. Les tensions avec l’Iran l’an dernier avaient fait grimper le pétrole, pesant sur l’or, car les marchés anticipaient une réaction ferme des banques centrales. Cette période a servi de référence : la hausse des rendements des Treasuries (obligations d’État américaines) et un dollar fort limitent la progression de l’or. La Réserve fédérale, sous la présidence de Warsh, a confirmé cette ligne restrictive (politique “restrictive” : des taux élevés pour ralentir l’économie et l’inflation), avec un taux des fonds fédéraux (Fed Funds Rate : taux directeur de référence aux États-Unis) à 5,50% pour lutter contre une inflation durable. Cette politique a fortement pénalisé l’or, qui ne rapporte pas d’intérêt (actif “sans rendement” : il ne verse ni coupon ni dividende), fin 2025 et encore cette année. Ce matin, l’or s’échange autour de 4.420 $, nettement sous les niveaux observés lors de la phase de tension de l’an dernier. Les données actuelles confortent cette prudence : le rendement à 10 ans se situe autour de 4,75%, au-dessus du pic de 4,62% de 2025. Le dernier rapport d’inflation d’avril 2026 montre un indice des prix à la consommation (CPI : mesure des prix payés par les ménages) encore élevé à 3,8%, ce qui renforce l’idée que des baisses de taux ne sont pas imminentes. Dans ce contexte, il est difficile pour l’or de prolonger une hausse. Dans ce cadre, les opérateurs peuvent envisager d’acheter des options de vente (“put” : droit de vendre à un prix fixé) ou de mettre en place des stratégies “bear put spread” (montage combinant l’achat et la vente de puts pour réduire le coût, avec un gain maximum plafonné) sur des contrats à terme (“futures” : contrats d’achat/vente à une date future) sur l’or. Les niveaux clés repérés l’an dernier, comme le support à 4.351 $ et la moyenne mobile à 200 jours désormais proche de 4.340 $, peuvent servir d’objectifs. Cette approche limite le risque (perte maximale connue à l’avance) si la pression des taux élevés persiste. Mais le contexte géopolitique reste instable, et la situation avec l’Iran peut se dégrader rapidement, comme en 2025. Pour cette raison, conserver quelques options d’achat (“call” : droit d’acheter à un prix fixé) très éloignées du prix actuel (“hors de la monnaie”, c’est-à-dire avec un prix d’exercice nettement supérieur au cours) peut servir de couverture : une protection peu coûteuse en cas de hausse brutale liée à une fuite vers les valeurs refuges (déplacement des capitaux vers des actifs jugés plus sûrs). Le tiraillement entre politique monétaire restrictive et risque géopolitique entretient une forte volatilité (volatilité : amplitude des variations de prix). Les opérateurs peuvent regarder des stratégies acheteuses de volatilité, comme le “straddle” (achat simultané d’un call et d’un put au même prix d’exercice) ou le “strangle” (achat d’un call et d’un put avec des prix d’exercice différents), qui gagnent si le prix bouge fortement dans un sens ou l’autre. Cela permet de profiter d’un mouvement important sans devoir prévoir si le prochain déclencheur sera économique ou géopolitique.
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