Le repli de l’immobilier chinois s’aggrave
Les chiffres d’avril confirment que la baisse de l’immobilier en Chine s’aggrave, plutôt qu’elle ne se stabilise. Le passage d’une baisse annuelle de 3,4 % à 3,5 % indique que les mesures de soutien de l’État ne produisent pas encore d’effets. Nous y voyons un signal pour rester prudents sur les actifs directement liés à l’économie chinoise. Cette faiblesse prolongée pourrait pousser la Banque populaire de Chine (la banque centrale du pays) à assouplir davantage sa politique monétaire (c’est-à-dire baisser les taux ou injecter plus de liquidités), ce qui exerce en général une pression à la baisse sur le yuan (la monnaie chinoise). Le taux de change USD/CNH (prix du dollar américain exprimé en yuan offshore, négocié hors de Chine continentale) est récemment passé au-dessus de 7,45, un niveau technique important (un seuil de prix surveillé par le marché). Nous pensons que ce mouvement peut se poursuivre. Nous envisageons donc d’acheter des options d’achat (contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé) sur le dollar américain et des options de vente (contrats donnant le droit de vendre à un prix fixé) sur le yuan chinois dans les prochaines semaines. La baisse de l’immobilier pèse directement sur la demande de matières premières industrielles. Les dernières statistiques montrent ainsi que les stocks de minerai de fer dans les ports (quantités en attente de transport et d’utilisation) ont augmenté de 5 % sur le dernier mois. Cela suggère un net ralentissement de la production d’acier, indispensable au secteur de la construction. Les options de vente sur les contrats à terme (prix fixé pour acheter/vendre plus tard) du cuivre et les positions vendeuses (parier sur une baisse) sur les ETF miniers (fonds cotés en Bourse répliquant un panier de valeurs minières) restent, selon nous, des moyens adaptés pour se positionner. Sur les actions, la situation rappelle les plans de relance peu efficaces observés en 2025, qui avaient déclenché de fortes baisses. Nous nous attendons à ce que les promoteurs immobiliers chinois et les banques qui les financent fassent moins bien que le marché. Nous renforcerons des positions en options de vente sur l’indice Hang Seng Mainland Properties (indice regroupant des valeurs immobilières exposées à la Chine continentale).Effets de contagion sur les marchés mondiaux
Les effets se voient désormais au-delà de la Chine : le dollar australien, souvent utilisé comme indicateur indirect de la conjoncture chinoise, a reculé de 2 % sur le mois. Les groupes mondiaux très dépendants de leurs ventes en Chine, notamment dans le luxe et l’automobile, feront face à des obstacles importants. Nous y voyons une occasion de couvrir le risque (réduire l’exposition en cas de baisse) en vendant à découvert des ETF sectoriels européens et américains liés à ces segments.
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