Tensions au Moyen-Orient et inflation tirée par le pétrole
Les tensions ont aussi touché les marchés de l’énergie, le pétrole brut atteignant un plus haut de deux semaines après un blocus américain de ports iraniens et des perturbations autour du détroit d’Ormuz (un passage maritime clé pour le transport mondial de pétrole). La hausse des prix du pétrole alimente les craintes d’inflation (hausse générale des prix) et renforce l’idée d’une politique monétaire américaine plus restrictive, c’est‑à‑dire des taux d’intérêt plus élevés. L’outil FedWatch du CME Group (un indicateur basé sur les prix des contrats à terme, qui reflètent les anticipations de marché) montre que les opérateurs intègrent plus de 50 % de probabilité d’une hausse des taux de la Fed d’ici la fin de l’année, avec aussi des discussions autour d’un relèvement en 2026. Les marchés suivront mercredi les « minutes » du FOMC (le compte rendu détaillé de la réunion du comité de la banque centrale américaine) et les indices PMI « flash » mondiaux (des enquêtes rapides auprès des entreprises, indicateurs avancés de l’activité) pour obtenir des signaux. Sur les marchés physiques, les décotes en Inde (prix local inférieur au prix international, souvent lié à une demande faible ou à des coûts) ont atteint un record la semaine dernière, tandis que les primes en Chine (prix local supérieur au prix international, signe d’une demande plus solide) sont restées fermes. D’un point de vue technique, l’or trouve un soutien sur sa moyenne mobile à 200 jours, à 4 352,59 $, et une résistance sur sa moyenne mobile à 100 jours, à 4 790,55 $. Le RSI (indice de force relative, qui mesure la dynamique et le risque de surachat/survente) évolue autour de 40 et le MACD (indicateur de tendance basé sur des moyennes mobiles) reste négatif.Niveaux clés et biais de trading à court terme
L’indice du dollar (DXY, qui mesure le billet vert face à un panier de grandes devises) est solidement au‑dessus de 107,50, un niveau inobservé depuis les fortes tensions de marché de fin 2025. Cette force est renforcée par les contrats à terme sur le WTI (pétrole américain) au‑dessus de 115 $ le baril, ce qui nourrit directement les anticipations de hausse des taux plus tard cette année. Après la publication la semaine dernière d’un Core PCE à 3,1 % (l’inflation « sous‑jacente » privilégiée par la Fed, hors énergie et alimentation), les contrats à terme sur les fed funds (outil qui reflète les anticipations de taux directeurs) intègrent désormais une probabilité de 65 % d’une hausse d’ici décembre. Selon nous, tout rebond de l’or vers le seuil psychologique des 4 500 $ (niveau rond souvent surveillé par les marchés) peut être vu comme une opportunité de vente. La moyenne mobile à 200 jours, vers 4 352 $, apparaît comme le prochain objectif baissier important. L’incapacité à repasser au‑dessus de la moyenne mobile à 100 jours la semaine dernière confirme cette dynamique négative. Il faudra surveiller de près les minutes du FOMC mercredi pour repérer toute formulation confirmant un ton « faucon » (une banque centrale plus encline à relever les taux pour combattre l’inflation). La situation rappelle 2025, lorsque les achats de « valeur refuge » sur l’or ont rapidement disparu à mesure que le marché anticipait des taux plus élevés. Un retour durable au‑dessus de la moyenne mobile à 100 jours, à 4 790 $, serait un premier signal remettant en cause ce scénario baissier. Malgré une demande physique soutenue en Chine, les décotes record en Inde indiquent un soutien physique plus faible au niveau global. Ces éléments devraient difficilement stabiliser les prix tant que le dollar restera fort. La combinaison de rendements élevés des bons du Trésor américain (le taux des obligations de l’État américain), désormais au‑dessus de 4,85 % sur le 10 ans, et d’un risque géopolitique favorable au dollar devrait continuer à dicter la direction de l’or.
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