Second Round Effects Coming Through
En revenant sur ses commentaires de 2025, l’avertissement selon lequel les effets de second tour (transmission de la hausse de l’énergie vers les salaires et les prix) mettraient un an à apparaître prend une importance particulière. La résistance initiale de l’économie mondiale après la guerre Iran s’expliquait en partie par les stocks, mais ces réserves se sont depuis réduites. Il ne faut pas ignorer l’impact durable de ces chocs négatifs d’offre (hausse des coûts et pénuries, qui poussent les prix à la hausse). Les effets inflationnistes (hausse générale des prix) annoncés apparaissent dans les dernières données. L’inflation sous-jacente au Royaume-Uni (mesure de l’inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation) est restée au-dessus de 3,5% au premier trimestre 2026, et la progression des salaires d’avril a atteint 5,2%, plus forte que prévu. Cela indique que la hausse des prix de l’énergie de l’an dernier influence désormais la fixation des prix sur le marché intérieur. Cette inflation persistante oblige la Banque d’Angleterre à rester stricte (politique « hawkish », c’est-à-dire orientée vers des taux plus élevés pour freiner l’inflation), contrairement aux anticipations de baisses de taux plus tard cette année. Le marché pourrait sous-estimer le risque que les taux britanniques restent élevés plus longtemps qu’aux États-Unis ou en zone euro. Les investisseurs peuvent donc envisager une courbe des taux britannique plus pentue (écart plus grand entre taux à court terme et à long terme), via des contrats à terme sur le SONIA (taux de référence au jour le jour en livres sterling, utilisé pour les produits de taux), en pariant sur une révision à la hausse des attentes de baisse de taux à court terme. Sur le marché des changes, cet écart de politique monétaire rend la livre plus attractive. Avec un GBP/USD proche de 1,2850, acheter des options d’achat (« call », droit d’acheter à un prix fixé) sur la paire permet de profiter d’une hausse possible de la livre tout en limitant le risque de baisse. Une BoE plus stricte, face à une Réserve fédérale potentiellement plus accommodante (« dovish », plus encline à baisser les taux), renforce le scénario d’une livre plus forte dans les mois à venir. Le message clé reste qu’il ne faut pas minimiser ces difficultés du côté de l’offre. Le parallèle historique est celui des années 1970, lorsque des chocs énergétiques ont entraîné une inflation durable, initialement sous-estimée par les autorités. Cela suggère que les pressions inflationnistes actuelles pourraient durer plus longtemps que prévu.Dont Look Through Supply Shocks
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