Perturbations de l’offre aux Émirats arabes unis et réorientation des exportations
La production de brut des Émirats arabes unis a reculé de plus de 3 millions de barils par jour (b/j) à 1,8–2,1 millions de b/j, en raison du conflit régional. Les Émirats préparent aussi des changements de politique liés à l’Opep/Opep+ (organisation et alliance élargie de pays producteurs qui coordonnent les quotas de production) et développent des itinéraires qui évitent le détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour les exportations de pétrole). Les États-Unis ont laissé expirer une dérogation aux sanctions (autorisation temporaire) visant certaines ventes de pétrole brut russe, mettant fin à une courte période d’assouplissement des restrictions, dans un marché mondial déjà tendu du fait de la guerre avec l’Iran. D’autres dérogations américaines aux sanctions affectant le brut russe et iranien approchent aussi de leur date d’expiration. Abou Dhabi accélère le projet d’oléoduc Ouest–Est pour doubler la capacité d’exportation d’ici 2027, afin de contourner le détroit d’Ormuz. L’objectif est de rendre les exportations plus fiables. Alors que les contrats à terme (futures, contrats d’achat/vente à une date future) sur le Brent pour livraison en juillet ont franchi 110 dollars, le marché est clairement soutenu par des risques persistants sur l’offre. L’attaque de drone aux Émirats et, plus largement, le conflit avec l’Iran créent un plancher pour les prix. Le dernier rapport de l’EIA (Energy Information Administration, l’agence américaine de statistiques de l’énergie) fait état d’une baisse des stocks mondiaux de 3,2 millions de barils la semaine dernière, ce qui confirme un marché tendu.Positionnement sur les options en faveur d’une hausse
L’expiration des dérogations américaines aux sanctions pour certaines ventes de brut russe et iranien est un facteur nettement haussier. Elle retire en pratique environ 1,1 million de barils par jour du marché mondial accessible légalement, une situation inédite depuis les premières sanctions de 2022 après l’invasion. Le marché ne semble pas encore intégrer pleinement l’effet de ce changement. La forte baisse de la production des Émirats, autour de 2 millions de barils par jour, est un point de vigilance qui peut justifier de conserver des positions acheteuses (pari sur une hausse). Leur prise de distance stratégique vis-à-vis de l’Opep+ signale une politique plus indépendante, ce qui ajoute de l’incertitude. Cela se voit dans l’indice OVX du CBOE (CBOE Crude Oil Volatility Index, indicateur de volatilité implicite: la volatilité « attendue » déduite des prix des options), qui a grimpé à un plus haut de six mois à 58, signe que les opérateurs anticipent de fortes variations de prix. Dans ce contexte, il peut être pertinent de se positionner à la hausse via des options d’achat (call: droit d’acheter à un prix fixé) sur des contrats WTI et Brent expirant en juillet et août. Une stratégie de « bull call spread » (écart haussier avec calls: acheter un call et vendre un call plus haut) — acheter le call 115 dollars et vendre le call 125 dollars sur le Brent — peut réduire le coût tout en plafonnant le risque. Le principal déclencheur d’une nouvelle accélération resterait une escalade des tensions au Moyen-Orient.
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