Le nombre de demandeurs en avril indique un marché du travail solide
Les dernières données britanniques sur le nombre de demandeurs d’allocations chômage (le « claimant count », c’est-à-dire le nombre de personnes qui demandent des aides liées au chômage) pour avril montrent un marché de l’emploi plus solide que prévu. Avec 26 500 nouvelles demandes, contre 27 300 attendues, moins de personnes sollicitent des allocations chômage qu’anticipé. Cette résistance suggère des tensions salariales persistantes (hausse des salaires difficile à freiner), un élément que la Banque d’Angleterre surveille de près. Ce chiffre solide sur l’emploi rend moins probable une baisse des taux à court terme par le Monetary Policy Committee (le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, qui fixe les taux d’intérêt). De récentes données de l’Office for National Statistics (l’institut national de statistiques britannique) ont montré une inflation sous-jacente (« core inflation » : inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et certains produits alimentaires) à 2,9 %, toujours au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque. Il faut donc revoir les anticipations de taux : un marché du travail tendu donne davantage de raisons à la Banque de maintenir une politique « restrictive » (des taux élevés pour freiner la demande) plus longtemps. Pour les cambistes (traders sur le marché des devises), cela renforce l’argument en faveur de la livre sterling. On peut envisager d’acheter des options d’achat (« call options » : droit d’acheter une devise à un prix fixé à l’avance) sur GBP/USD, en pariant que des anticipations de taux plus élevés au Royaume-Uni soutiendront la livre face au dollar. La volatilité implicite (volatilité attendue par le marché et intégrée dans le prix des options) sur les paires en sterling pourrait aussi augmenter, rendant plus attractives les stratégies sur options qui profitent de mouvements de prix plus amples dans les prochaines semaines. Sur le marché des taux, on peut envisager de vendre des contrats à terme (« futures » : contrats standardisés pour acheter ou vendre à une date future à un prix fixé) sur les taux courts, comme les short-sterling ou les futures SONIA. SONIA est le taux moyen au jour le jour en livre sterling, utilisé comme référence. L’idée est que le marché pourrait devoir écarter l’hypothèse de baisses imminentes des taux. Ce rapport sur l’emploi est défavorable aux obligations d’État britanniques (« gilts » : dette souveraine du Royaume-Uni), car il appuie l’idée de taux « plus élevés plus longtemps ». Vendre à découvert des futures sur gilts (se positionner pour profiter d’une baisse des prix) permet de se placer en vue d’une hausse des rendements et d’une baisse correspondante des prix des obligations.Conséquences de marché sur le change et les actions
Cela pourrait peser sur les indices boursiers britanniques, en particulier le FTSE 250, davantage exposé à l’économie domestique. On peut envisager d’acheter des options de vente de protection (« put options » : droit de vendre à un prix fixé, utilisé pour se couvrir contre une baisse) sur l’indice, car des coûts d’emprunt plus élevés peuvent réduire les bénéfices des entreprises et détériorer le sentiment des investisseurs. Cela contraste avec les anticipations de 2025, lorsque des données économiques plus faibles avaient conduit de nombreux investisseurs à miser sur un assouplissement monétaire plus marqué (baisses de taux) de la Banque d’Angleterre.
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