L’attention se déplace vers des rendements plus bas
Le ministère des Finances explique que la baisse du risque perçu devrait surtout se traduire par un financement de la dette moins cher, plutôt que par une forte hausse du forint. L’objectif est de réduire la prime de terme (surcoût de rendement demandé pour prêter à long terme plutôt qu’à court terme) via la discipline budgétaire, plutôt que d’attirer des flux de « carry trade » à court terme (stratégie consistant à emprunter dans une monnaie à faible taux et à investir dans une monnaie à taux plus élevé) pour contenir l’inflation. La prochaine décision est vue comme un test : les marchés vont-ils passer des taux courts aux maturités longues (allonger la « duration », c’est-à-dire augmenter la sensibilité aux variations de taux en achetant des obligations plus longues) ? La MNB a récemment surpris en abaissant le taux appliqué aux swaps de change (contrats d’échange de devises) en devises étrangères, en évoquant de meilleures conditions de marché et de liquidité (facilité à acheter/vendre sans trop bouger les prix). Les indicateurs cités suggèrent que le forint est en tête du mouvement de débouclage du carry trade, et que l’Europe centrale et orientale (CEE) fait partie des groupes de devises les moins performants. Si les tensions inflationnistes mondiales durent plus longtemps, il resterait nécessaire de maintenir un « coussin » de taux réel sur le court terme (taux nominal moins inflation, pour offrir un rendement réel positif). Le nouveau gouvernement a clairement indiqué qu’il préfère des rendements obligataires plus bas à une monnaie forte, ce qui signifie qu’il tolérera un forint plus faible. Ce changement de cap, moins orienté vers le soutien de la devise, rend logique un positionnement en faveur d’une nouvelle baisse du HUF. Les intervenants devraient donc considérer toute hausse de court terme du forint comme une occasion de vente.Se positionner pour une poursuite de la faiblesse du forint
Le forint a déjà montré cette fragilité, dépassant récemment 400 face à l’euro. Alors que le taux directeur de la MNB est à 6,75 %, la dernière inflation à 4,8 % montre que le taux réel (taux ajusté de l’inflation) est moins confortable qu’auparavant. Cet écart réduit rend la devise moins attractive pour le carry trade qui la soutenait jusque-là. Les données montrent un débouclage du carry trade, le forint sous-performant des devises régionales comme le zloty polonais depuis le début de l’année. Par ailleurs, les difficultés budgétaires observées en 2025 entretiennent la prudence du marché face aux promesses budgétaires, tant qu’elles ne sont pas suivies d’actes. Tout retard dans l’accord de financement attendu avec l’UE renforcerait probablement la pression vendeuse sur la monnaie. Une approche via options (contrats donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé) consisterait à viser une hausse du taux de change EUR/HUF, par exemple vers 405–410 dans les prochaines semaines. Acheter des options d’achat (call) sur EUR/HUF permet de profiter d’une nouvelle faiblesse du forint tout en plafonnant strictement le risque maximal. Cette prudence paraît d’autant plus justifiée que la banque centrale semble relativement peu inquiète de la performance récente de la devise.
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