Hésitations de la Fed : des marchés dépendants des données
Il a indiqué que, sur le long terme, les anticipations d’inflation implicites dans le marché obligataire (estimations déduites des prix des obligations) ne semblent pas déraper, et que les rendements obligataires (taux d’intérêt servis par les obligations) restent dans une zone raisonnable. Il s’est aussi interrogé sur un éventuel changement de l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché des bons du Trésor américain à long terme (obligations d’État), compte tenu de l’ampleur des émissions de dette américaine. Barkin a expliqué que les entreprises sont moins certaines de pouvoir augmenter leurs prix pour compenser leurs coûts. Il a aussi indiqué avoir parlé mardi avec Kevin Warsh afin de faire connaissance.Positionnement face aux surprises macroéconomiques et de taux
Les rendements obligataires de long terme semblent évoluer dans une zone raisonnable, ce qui peut favoriser des stratégies de marché en « range » (pari sur des prix qui restent dans une fourchette). Avec le rendement du Treasury à 10 ans stable autour de 4,35% depuis un mois, des stratégies sur produits de taux peuvent viser un revenu en vendant des options très éloignées du prix actuel (« out of the money », c’est-à-dire qui n’auraient d’intérêt à l’exercice qu’en cas de mouvement de marché important). Cela s’explique aussi par les questions sur l’effet durable de l’offre élevée de dette américaine sur l’équilibre du marché. Le risque de pertes d’emplois liées à l’IA est aussi pris au sérieux comme un risque extrême (« tail risk », un scénario rare mais potentiellement très négatif). Le taux de chômage est monté à 4,1% le mois dernier. Une couverture (protection de portefeuille) peut consister à acheter des options de vente (« puts », qui gagnent de la valeur si le sous-jacent baisse) lointaines, à longue échéance, sur des ETF (fonds cotés en Bourse) des secteurs industriel ou transports. L’objectif est de se protéger contre un retournement brusque du récit sur l’emploi, susceptible de surprendre le consensus. De l’autre côté du mandat, le constat que les entreprises doutent davantage de leur capacité à augmenter les prix est important. Cela suggère que, même si l’inflation globale (« headline », l’indice total incluant énergie et alimentation) est retombée à 2,9%, une surprise haussière liée à des chocs d’offre (perturbations qui réduisent la production ou renchérissent des intrants) pourrait prendre le marché à contre-pied. Une couverture possible consiste à conserver une exposition à des actifs indexés sur l’inflation (dont la valeur suit l’inflation) ou à des options d’achat (« calls », qui gagnent de la valeur si le prix monte) sur des ETF de matières premières.
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