Semaine à venir : les minutes du FOMC sous les projecteurs

by VT Markets
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Jul 6, 2026

Vue d’ensemble

  • Les marchés américains ont terminé la semaine dernière sur des signaux contrastés après un chiffre de l’emploi de juin (non-farm payrolls, c’est‑à‑dire les créations d’emplois hors agriculture) inférieur aux attentes, alimentant l’incertitude sur la prochaine décision de la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États‑Unis).
  • Le président de la Fed, Kevin Warsh, est resté dépendant des données (il attend les chiffres économiques avant d’agir), sans indiquer si les taux monteront, baisseront ou resteront inchangés lors de la réunion de juillet.
  • Les investisseurs suivront de près le compte rendu de la réunion du FOMC (comité de politique monétaire de la Fed) et la décision de taux de la Banque de réserve de Nouvelle‑Zélande, pour y chercher de nouveaux indices.
  • L’or, le dollar et les indices boursiers pourraient rester très sensibles aux données macroéconomiques (indicateurs sur la croissance, l’inflation, l’emploi), alors que le marché réévalue ses anticipations de taux américains.

La Fed entretient l’incertitude, la faiblesse de l’emploi complique les perspectives

La Réserve fédérale est revenue au centre de l’attention la semaine dernière, Kevin Warsh ayant réalisé sa première apparition majeure sur la scène des banques centrales depuis sa prise de fonctions en mai. Lors du Forum de la BCE à Sintra, aux côtés des dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d’Angleterre et de la Banque du Canada, les investisseurs espéraient une indication plus claire sur l’orientation de la politique monétaire américaine (la manière dont la Fed règle les taux pour influencer l’économie).

Au final, les marchés ont obtenu peu d’éléments.

Kevin Warsh s’est gardé d’indiquer si la Fed penche vers une nouvelle hausse de taux, une baisse ou une longue pause. Il a confirmé une approche fondée sur les données à venir, plutôt que sur une « forward guidance » (des promesses ou indications à l’avance destinées à orienter les attentes du marché).

Quelques jours plus tard, la publication des créations d’emplois hors agriculture de juin a ajouté de l’incertitude.

L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois, nettement sous les ~114 000 attendus, signe que le rythme des embauches ralentit. Ce refroidissement du marché du travail réduit la pression pour un nouveau durcissement (resserrement monétaire, c’est‑à‑dire des taux plus élevés). Mais l’inflation reste au‑dessus de l’objectif de long terme de la Fed, ce qui empêche de basculer clairement vers des baisses de taux.

Cette combinaison laisse la politique monétaire en équilibre avant la réunion de juillet.

L’inflation limite toujours la marge de manœuvre de la Fed

Malgré l’assouplissement du marché du travail, Kevin Warsh a répété que l’inflation restait la priorité.

La stabilité des prix demeure au cœur du mandat de la banque centrale, ce qui complique tout signal d’assouplissement (politique monétaire plus souple, donc des taux plus bas) tant que l’inflation est élevée. En parallèle, le ralentissement de l’emploi réduit l’urgence d’un nouveau resserrement.

Dans ce contexte, ni une posture « hawkish » (restrictive, favorable à des taux plus hauts pour freiner l’inflation) ni « dovish » (accommodante, favorable à des taux plus bas pour soutenir l’économie) n’est clairement justifiée par les données actuelles.

Sans s’engager dans une direction, la Fed semble prête à attendre des preuves supplémentaires avant de trancher.

Pour les opérateurs, cela renforce le poids de chaque grande publication à venir, notamment l’inflation, l’emploi et la consommation des ménages.

Une Fed encore plus dépendante des données

Kevin Warsh a aussi évoqué le rôle croissant de l’intelligence artificielle (IA) dans la croissance future.

Les investissements liés à l’IA accélèrent, avec des dépenses en semi‑conducteurs (puces électroniques), en cloud (informatique à distance), en logiciels et en centres de données. Ces dépenses soutiennent l’activité via la hausse des investissements des entreprises (capex, c’est‑à‑dire dépenses pour acheter des machines, construire, équiper et développer).

Les bénéfices à plus long terme pourraient venir d’un gain de productivité.

Si les entreprises produisent davantage avec moins de ressources, la productivité peut, avec le temps, réduire les tensions sur les prix tout en soutenant la croissance.

Mais ces effets restent incertains.

La demande d’investissement liée à l’IA stimule encore l’activité, ce qui empêche les décideurs de supposer que la technologie, à elle seule, fera baisser l’inflation.

Pour l’instant, l’IA reste une tendance de fond plutôt qu’un facteur immédiat de politique monétaire.

Les marchés se tournent vers la semaine à venir

Après l’impact du rapport sur l’emploi sur les anticipations de Fed, le calendrier de cette semaine offre une nouvelle occasion de réévaluer le scénario de taux.

La Banque de réserve de Nouvelle‑Zélande doit annoncer sa décision de taux mercredi. Les investisseurs chercheront tout changement de message sur l’inflation et la croissance.

L’attention se portera ensuite sur la publication, jeudi, du compte rendu (« minutes ») du FOMC.

Les investisseurs chercheront à comprendre pourquoi les décideurs ont voté le statu quo sur les taux et si, dans les débats, les risques d’inflation ou la faiblesse de l’emploi ont pesé davantage.

Même si ces minutes décrivent des discussions passées, elles peuvent encore influencer les attentes avant la prochaine publication d’inflation américaine.

Avec une Fed très flexible et des indicateurs contradictoires, la volatilité (variations rapides des prix) pourrait rester élevée sur les devises, les métaux précieux et les indices actions, au gré des nouvelles données macroéconomiques.

Symboles clés à suivre

USDX | XAUUSD | EURUSD | SP500 | BTCUSD

Événements à venir

DateDeviseÉvénementPrévisionPrécédentCommentaire des analystes
6 juil.USDPMI ISM des services54,254,5Un chiffre au-dessus des attentes peut soutenir le dollar, tandis qu’une déception pourrait peser sur le billet vert et favoriser l’or.
8 juil.NZDTaux directeur (Official Cash Rate)2,50 %2,25 %Le marché anticipe une hausse de 25 points de base (0,25 point de pourcentage), la banque centrale arbitrant entre inflation et ralentissement.
9 juil.USDCompte rendu (minutes) du FOMCLes opérateurs évalueront la lecture des risques d’inflation et de la faiblesse de l’emploi avant la réunion de juillet.
10 juil.CADTaux de chômage6,60 %6,60 %Les marchés jugeront la résistance du marché du travail canadien ; toute surprise peut influencer les anticipations sur la Banque du Canada.

Pour une vue d’ensemble des prochains rendez-vous économiques, consultez le calendrier économique de VT Markets.

Principaux mouvements de la semaine

USDX

  • L’indice du dollar a reculé après des créations d’emplois limitées à 57 000 en juin, ce qui réduit les anticipations d’un nouveau resserrement.
  • La résistance (zone de prix où le marché bute souvent) se situe près de 100,80, et le support (zone où les achats apparaissent) autour de 100,05.
  • En cas d’échec sous la résistance, le dollar pourrait continuer de s’affaiblir face aux grandes devises.

EURUSD

  • L’EURUSD a profité de la faiblesse généralisée du dollar après le rapport sur l’emploi.
  • Les acheteurs pourraient viser 1,1510, tandis que des replis vers 1,1410 pourraient relancer l’intérêt.
  • Surveillez la réaction des prix sur ces niveaux techniques avant d’envisager de prolonger les positions.

XAUUSD (Or)

  • L’or s’est maintenu au‑dessus de la zone surveillée des 4 180, soutenu par la demande de valeur refuge (achat d’actifs jugés plus sûrs en période d’incertitude) après la faiblesse de l’emploi américain.
  • Le prix pourrait viser 4 310 si la dynamique acheteuse se maintient et si le scénario d’un durcissement agressif de la Fed s’éloigne.
  • Surveillez d’abord la zone des 4 180, niveau technique clé avant toute poursuite de la hausse.

USOil

  • Le pétrole américain (WTI) a ouvert en baisse (« gap » : écart d’ouverture) après des titres sur un apaisement entre les États‑Unis et l’Iran, et a cassé le niveau surveillé de 81,92.
  • Si les prix se stabilisent sous 81,92, le prochain niveau de baisse se situe à 76,778.
  • La solidité de tout accord et le calendrier d’une éventuelle réouverture du détroit d’Hormuz pourraient guider le mouvement plus que les seules données de demande.

SP500

  • Les actions américaines sont restées solides malgré le ralentissement de l’emploi, portées par l’idée que le cycle de resserrement approche de son pic (niveau maximal).
  • Une clôture durable au‑dessus de 7 594 pourrait attirer de nouveaux achats.
  • Les investisseurs devront suivre si la communication de la Fed confirme l’élan haussier (tendance à la hausse).

BTCUSD

  • Le bitcoin a continué de consolider (évoluer dans une zone sans tendance claire) après un passage sur des niveaux de liquidité autour de 62 600 (zones où beaucoup d’ordres peuvent être exécutés).
  • Un passage au‑dessus de 64 000 pourrait ouvrir la voie vers 65 150, tandis qu’une cassure sous 62 300 exposerait 60 300.
  • La dynamique dépend fortement de l’appétit pour le risque (envie d’acheter des actifs risqués) et de la direction du dollar.

Conclusion

Les marchés entament la semaine entre deux forces opposées : un marché du travail américain qui se refroidit et une inflation encore trop élevée pour permettre à la Fed de relâcher nettement sa prudence. Les anticipations de taux dépendront donc surtout des prochaines publications. La décision de la Banque de réserve de Nouvelle‑Zélande et le compte rendu du FOMC seront les principaux déclencheurs, tandis que l’or, le dollar, les grandes paires de devises et les indices actions américains resteront au centre de l’attention avant les prochains chiffres d’inflation aux États‑Unis.


Foire aux questions

Pourquoi la Fed entretient-elle l’incertitude ?

Kevin Warsh adopte une approche dépendante des données et ne donne pas de « forward guidance » (indication à l’avance) sur l’évolution des taux à la réunion de juillet.

Quel a été l’impact des chiffres de l’emploi de juin ?

Les créations d’emplois hors agriculture ont nettement déçu. Ce ralentissement réduit l’urgence de nouvelles hausses, mais une inflation persistante (« sticky », c’est‑à‑dire qui baisse lentement) empêche la Fed de s’orienter rapidement vers des baisses de taux.

Quelle est la position de la Fed sur l’IA ?

Les investissements massifs dans l’IA soutiennent aujourd’hui les dépenses d’équipement des entreprises, mais les gains de productivité à long terme restent incertains. La Fed voit donc l’IA comme une tendance de fond, pas comme un moteur immédiat de sa politique de taux.

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